Roumanie : la révolte des bergers qui protègent leurs troupeaux !

S’il y a un pays — que je connais bien — où la cohabitation entre le pastoralisme et la faune sauvage ne pose pas (ou peu) de problème, c’est bien la Roumanie !

Pour y avoir vécu plusieurs années et y avoir rencontré des bergers — ou, devrais-je dire, de vrais bergers, ceux qui gardent encore leurs troupeaux — je peux témoigner que ce pays européen avait de quoi être montré en exemple sur les rapports entre les bergers et les grands prédateurs. S’il y aurait beaucoup à dire sur d’autres sujets, là, pour le coup, les roumains avaient des leçons à nous donner !

Car si, en France, une poignée d’éleveurs fait la loi et obtient le droit de vie et de mort sur les quelques grands prédateurs — pourtant protégés — qui peuplent encore nos forêts et nos montagnes (notre poignée d’ours, de lynx et de loups), en hurlant à qui veut l’entendre que la cohabitation est « IM-POS_SIBLE ! », c’est loin d’être le cas en Roumanie.

J’y ai rencontré des bergers qui m’expliquaient que la protection des troupeaux, c’était leur métier ! Que bien sûr des ours et des loups s’approchaient, mais qu’ils étaient là pour les chasser, que leur simple présence faisait fuir les prédateurs.

Il y a pourtant des troupeaux de plusieurs milliers de bêtes également dans ce pays d’Europe de l’Est ! Peut-être parce qu’il y a toujours eu des prédateurs et, qu’en tout temps, il a fallu partager le territoire avec eux, COHABITER, il y a eu une transmission entre les générations de bergers et il y a encore aujourd’hui une fierté à protéger le troupeau.

Il y a aussi le fait que beaucoup d’élevages sont dédiés à la fabrication du fromage. Telemea, Caș, Cașcaval, Urdă, brânză de burduf… autant de fromages qui nécessitent une traite plusieurs fois par jour. La vie de la « stână » est rythmée par une véritable vie pastorale, par les troupeaux qui partent le matin, conduits par des bergers et leurs chiens, puis qui rentrent pour la traite avant de passer la nuit en pleine nature, mais parqués et sous la surveillance à la fois humaine et canine ! Oui, voilà comment on élève des brebis dans une zone à prédateurs. Et si tout n’est pas rose en Roumanie, j’ai vu ces bergers. Je les admire. Ceux qui crient au loup, chez nous, en France, feraient bien de s’en inspirer !

Mais, un jour, cette belle image s’est assombrie.

Les bergers, mécontents, sont entrés dans Bucarest, la capitale de la Roumanie !

Après les révoltes paysannes de 1907, voici les bergers roumains à nouveau dans la rue. Je vous rassure, rien à voir… à part le fait qu’ils comptent bien se faire entendre par le gouvernement ! A l’appel de plusieurs associations d’éleveurs, ils ont organisé une manifestation mardi devant le parlement pour s’opposer à une modification de la législation qui devait limiter le nombre de chiens de protection, sous peine de devoir payer une amende allant jusqu’à 1500 lei !

La loi prévoyait un seul chien en plaine, deux chiens en zone de collines et 3 dans les montagnes ! Mais qui est derrière cette loi ? Les chasseurs en premier plan !

 

« Inițiatorii legii au preluat, practic, argumentele vânătorilor, şi anume că prea mulți câini la stâne afectează animalele sălbatice, dar și turismul și vânătoarea. » Liviu Dragnea.

« Les initiateurs de cette loi ont repris les arguments des chasseurs, qui disent qu’un nombre trop élevé de chiens sur les estives affecte la faune sauvage, mais également le tourisme et la chasse. »

Une association ornithologique a également appelé à la limitation du nombre de chiens pour garder les troupeaux, estimant que ceux-ci sont mal nourris et qu’ils fuguent, redeviennent sauvages, se reproduisent et s’attaquent aux oiseaux qui pondent au sol, mais aussi aux grands mammifères. Plutôt que d’empêcher les bergers de protéger correctement leurs troupeaux, ce qui conduirait à une situation analogue à notre dramatique exemple français qui consiste à abattre les grands prédateurs plutôt que de protéger les moutons, trouvons d’autres solutions !

Il est vrai que les chiens de bergers sont souvent considérés comme des outils de travail, que le suivi vétérinaire n’est pas toujours suffisant et qu’ils ne sont pas nourris avec des croquettes Premium vendues à prix d’or. Justement parce qu’ils doivent les nourrir, les bergers n’ont aucun intérêt à avoir plus de chiens que nécessaire ! Laissons-leur gérer cela eux-mêmes. Par contre, peut-être le gouvernement pourrait-il légiférer sur un encadrement de la reproduction des chiens, un puçage obligatoire des animaux, un suivi vétérinaire régulier (à noter que les chiens sont déjà tous suivis gratuitement pour la vaccination anti-rabique, chaque année).

Après des affrontements devant le Parlement, il semble que le gouvernement ait reculé et que les sanctions financières à l’encontre des bergers trop bien protégés soient abandonnées…

Quant aux chasseurs qui s’estiment en compétition avec les chiens des bergers, peut-être pourraient-ils commencer par déclarer leurs prises et mettre un terme au braconnage… parce que malheureusement, cela aussi j’ai pu l’observer lorsque j’ai vécu en Roumanie.

http://www.romanialibera.ro/actualitate/eveniment/protest-al-crescatorilor-de-oi–in-fata-parlamentului-402176

#gazdeschiste : Répression violente en #Roumanie. #Pétition #Pungesti

Gaz de sist Romania

La lutte contre les gaz de schiste en Roumanie vient de franchir une nouvelle étape : le gouvernement a envoyé un millier de gendarmes afin de déloger les manifestants qui faisaient front à Chevron, sur un terrain privé à proximité du terrain convoité par la firme américaine.

Pourquoi de tels moyens ?

Les opposants qui campaient sur le terrain depuis des semaines ont été délogés par la force et arrêtés, après des semaines d’intimidations. Les forces de police ont bien entendu bloqué les routes afin que la presse ne puisse pas se rendre sur place.

Heureusement, les organisateurs ont filmé quelques évènements par leurs propres moyens.

Aujourd’hui, il convient de se demander si le gouvernement roumain n’est pas en train de dévier vers un retour à une époque répressive que nous pensions tous révolue.

AVES France, qui a déjà envoyé 500 euros en urgence pour soutenir les manifestants, en appelle à votre générosité. Soyons solidaires avec ces gens qui défendent leurs terres, qui ont été offertes sur un plateau d’argent à Chevron, pour une poignée de dollars.

La fracturation hydraulique, méthode utilisée pour exploiter les gaz de schiste, n’est pas sans risque.

AVES France vous invite de toute urgence à signer la nouvelle pétition mise en place : http://www.avaaz.org/en/petition/All_humanrigts_NGOs_that_can_monitor_and_act_NOW_on_this_attack_Save_the_village_of_Pungesti_Romania_from_fracking_and_a/?csZvLab

Pour vos dons, merci de les faire sur cette page :
http://www.helloasso.com/associations/aves-france/collectes/gaz-de-schiste

500€ pour la lutte contre les gaz de schiste en Roumanie

logo

Vous connaissez sans doute l’histoire du pot de terre contre le pot de fer, ou celle de David contre Goliath. La lutte dans laquelle s’est lancée l’association VIRA, en Roumanie, est de celles-ci : une petite association qui essaye d’empêcher l’américain CHEVRON & co. de s’installer dans leur pays pour y exploiter les gaz de schistes.

La lutte est forcément inégale. Face au rouleau compresseur qu’est l’entreprise américaine et à ses nombreux soutiens politiques, il n’est pas facile de lutter.

AVES France a donc décidé d’envoyer 500 euros à l’association VIRA et de poursuivre la campagne google adwords afin de faire connaître leur combat. Car malgré des milliers de personnes mobilisées, le gouvernement ne semble pas vouloir reculer.

L’hiver approchant, l’association a besoin de fonds pour poursuivre le mouvement :

  • des tentes, des vêtements imperméables, du combustible pour le groupe électrogène…
  • des bannières, des pancartes, des drapeaux pour être visibles
  • assurer l’alimentation pour les bénévoles
  • organisation de réunions publiques sur le thème de l’agriculture durable et les alternatives économiques à l’exploitation des gaz de schiste
  • organisation d’ateliers pour aider les communautés à s’organiser pour lutter efficacement contre les gaz de schiste
  • information des localités voisines (dépliants, matériel d’information).

Nous savons que notre modeste contribution ne suffira pas et c’est pourquoi nous vous invitons à faire un don à AVES France afin que nous puissions leur apporter notre soutien, une nouvelle fois, dans les semaines ou les mois à venir.

 

Lire aussi : Chevron débarque en Roumanie : il y a de l’eau dans le gaz… de schiste !

Chevron débarque en Roumanie : il y a de l’eau dans le gaz… de schiste !

-> Informații în limbă română : http://stopfracturare.ro

 

pungesti

On en parlait depuis des mois, la grogne montait dans la population roumaine… mais voilà, l’entreprise américaine Chevron, soutenue par le gouvernement Ponta et le Président Basescu, a débuté les opérations d’installation des équipements d’exploration des gaz de schiste à Pungesti.

Les habitants de la région de Vaslui se mobilisent pour empêcher Chevron d’installer ses équipements et de détruire leur nature, mais l’américain est déterminé et protégé par des firmes de sécurité privées et par la gendarmerie, qui n’est pas tendre avec les manifestants. C’est ainsi que le barrage humain qu’ils avaient mis en place a été brisé par les forces de gendarmerie, à la botte de l’investisseur étranger.

romA Cluj comme à Bucuresti, des citoyens concernés par l’environnement se sont spontanément rassemblés en solidarité avec les habitants de Pungesti.

L’état roumain espère que l’hiver va suffire à décourager les manifestants. AVES France fera le maximum pour les soutenir et les aider à faire connaître leurs actions.

Lire aussi : 500€ pour la lutte contre les gaz de schiste en Roumanie

Faire un don pour les soutenir : http://aves-france.donnerenligne.fr

Pétition : 1.000.000 de signatures contre les gaz de schiste en Roumanie

AVES France vous invite à signer cette pétition et à diffuser à tous vos contacts… L’exploitation des gaz de schiste aura un effet dévastateur sur la nature et la biodiversité en Roumanie. C’est urgent et ça mérite une mobilisation internationale.

SIGNEZ LA PETITION – SIGN HERE – SEMNATI AICI

ba29947fed532c347bb0b8443278e2f4Le gouvernement roumain a concédé de grandes surfaces de terrains dans certaines des régions les plus belles du pays, pour y commencer la fracturation dès l’été 2013. Les roumains ont protesté, mais toutes ces manifestations ont été, jusqu’à présent, ignorées par les médias et le gouvernement.
– la fracturation est une méthode très dangereuse de forage pour le gaz naturel qui menace notre eau, l’air et la nourriture.
– les produits chimiques utilisés pour la fracturation sont toxiques et peuvent contaminer l’eau à la suite de déversements ou d’accidents, il faut des millions de litres d’eau, ce qui peut épuiser les réserves d’eau locales.
– la fracturation produit des eaux usées dangereuses, qui peuvent contenir des substances radioactives ainsi que des produits chimiques toxiques, ce qui rend l’élimination difficile et dangereuse.
– la fracturation peut conduire le gaz naturel à polluer les sources d’eau potable. Il y a eu plus de 1000 cas documentés de contamination de l’eau à proximité des sites de forage à travers les États-Unis.
– la fracturation favorise également le changement climatique et a été lié aux tremblements de terre.

Plusieurs pays comme la France, la Bulgarie et certains états suisses et allemands ont déjà adopté une interdiction ou un moratoire sur les activités de fracturation.

Le 4 Avril seront organisées des manifestations à travers le pays pour dire NON à la fracturation.

Merci de signer cette pétition pour donner une dimension internationale à cette action.

L’arrivée de l’éléphante Tania au zoo de Targu-Mures était une fête… qui s’est transformée en cauchemar !

Tania éléphante du zoo de Targu-MuresKopacz András travaille depuis 25 ans au zoo de Targu-Mures. C’est un homme qui a travaillé de longues années auprès des animaux du parc et qui, au fur et à mesure, a gravi les échelons pour prendre la direction du zoo récemment. Je l’ai rencontré ce matin (mercredi 6 mars 2013), suite à la polémique lancée sur internet il y a quelques mois à propos de Tania, première éléphante confiée au zoo de Targu-Mures.

Je suis donc arrivé ce mercredi matin au zoo de Targu Mures à la demande de la Fondation Brigitte Bardot, informée d’une rumeur de maltraitance. J’avais visité le zoo en juillet 2012 et avait été plutôt agréablement surpris par la taille et l’état des enclos, récemment rénovés. Tania l’éléphante n’était pas encore arrivée. Un immense enclos avait été préparé pour elle, ainsi qu’un bâtiment flambant neuf pour lui servir d’abris.

Ce matin donc, j’ai payé mon billet à l’heure d’ouverture du zoo et ai profité de l’absence de visiteurs pour faire un petit tour d’horizon. Même si dans un monde idéal, je préfèrerais ne voir des animaux sauvages que dans leur milieu naturel, je dois avouer que j’aime ces moments où les visiteurs ne se sont pas encore emparés des lieux et où ce sont les animaux qui chantent, qui crient, qui communiquent… et pas les hommes.

Je suis allé faire un petit tour chez les ours. 2 dormaient dans leur ancienne fosse bétonnée, pourtant ouverte sur un immense parc arboré où ils cohabitent avec une meute de loups. Cet enclos ours/loups est à mon avis un exemple qui prouve que le zoo recherche avant tout le bien-être de ses pensionnaires, même si certains des animaux ont gardé leurs habitudes d’antan.

Je suis ensuite allé à la rencontre de Tania. Seul. Je l’ai découverte à l’intérieur du bâtiment, balançant sa tête de gauche à droite, mais s’arrêtant régulièrement pour manger ou jouer avec sa pierre. J’ai remarqué plusieurs ongles blessés sur ses pattes. Voir l’éléphante ainsi peut choquer. Je comprends l’émotion qui a secoué la toile. Mais il me semble aussi important de comprendre ce qui se passe. J’ai donc appelé le Directeur du zoo pour lui annoncer mon arrivée et lui demander de me rejoindre chez les éléphants.

Nous avons rapidement fait connaissance puis avons commencé à discuter du cas « Tania ». J’ai tout de suite demandé pourquoi l’éléphante n’était pas dehors alors qu’elle avait un bel enclos à sa disposition. Il m’a expliqué qu’une sortie avait été prévue, mais que les températures étaient encore trop basses et qu’il ne voulait pas risquer que sa pensionnaire tombe malade. En effet, ce matin encore, le thermomètre affichait des températures négatives. « Nous lui permettront de sortir dès qu’il fera plus de 10° » m’assure-t-il.

« Si Tania était arrivée au Printemps, il n’y aurait pas eu de scandale ».

« Quand Tania est arrivée, c’était une fête, un jour unique pour moi, pour nous. Nous suivions l’avancée du camion sur internet. La police l’a escorté dès qu’il est entré dans la ville. J’étais à bord d’une des voitures de police, prenant des photos de cet évènement. » J’entends cet homme me parler avec une vraie passion de l’arrivée de Tania. Il ne joue pas, je le sens vraiment concerné.

Son ton change par contre quand il me raconte que rapidement après l’arrivée de l’éléphante, un scandale a éclaté. Un scandale orchestré par quelqu’un qu’il a bien connu. Qui a posté des messages partout. Il a reçu de nombreux mails, des insultes principalement.

« A son arrivée, Tania est restée en quarantaine. Il fallait s’assurer qu’elle aille bien, mais surtout qu’elle s’habitue à ses nouveaux soigneurs, qu’elle ait confiance en nous pour que nous puissions lui apprendre à rentrer le soir dans son box chauffé » (l’hiver étant rude en Roumanie). « Elle est sortie et a pu profiter de son enclos, mais rapidement, le mauvais temps est arrivé et il a fallu la garder à l’intérieur » (je confirme que cette année, l’hiver a été particulièrement précoce).

« J’ai essayé de me défendre et d’expliquer ce qu’il se passait, mais personne ne me croyait et c’était de pire en pire ! »

Le directeur m’explique qu’il a été très choqué par les insultes et les menaces qu’il a rapidement reçues après la publication d’images et de vidéos sur internet. Qu’il a toujours accepté les critiques constructives, mais que cette fois-ci, il y avait une réelle volonté de nuire et une impossibilité de dialoguer avec les opposants. Et je le crois sincère. La preuve ? La rumeur a été largement diffusée et amplifiée par des militants en France, qui ont probablement cru bien faire, mais n’ont pas cherché à vérifier les informations reçues. Personne ne semble connaître l’association qui a lancé un appel à don pour financer le transfert de Tania dans un sanctuaire au Etats-Unis… sanctuaire inconnu également des gens que j’ai contacté… bizarre !

Le directeur me dit : « les gens ont été choqués de voir une photo où l’éléphante était à genoux, avec un gardien qui nettoyait le sol à côté d’elle avec une pelle. Je reconnais que ce gardien a fait une erreur, il n’aurait jamais du entrer dans le box en présence de l’éléphante. Mais il n’y a jamais eu maltraitance ! »

J’ai découvert cette photo. Hier. On me l’a envoyée. Je ne comprends toujours pas comment on a pu utiliser cette photo et dire que les gardiens battent l’éléphante avec une pelle en fer. C’est inadmissible. J’ai rencontré les soigneurs de Tania. Ce sont des fonctionnaires, puisque le zoo est public et appartient à la ville de Targu-Mures. Il y a 4 soigneurs qui ont pour rôle de s’occuper de Tania au zoo. Sachez au passage qu’ils gagnent moins de 200 euros par mois.

Avec ce niveau de salaire, il est difficile de motiver les soigneurs et de les garder. Mais depuis l’arrivée de Tania, tout a changé. Les soigneurs se sont attachés à l’éléphante et ont créé une relation particulière avec leur protégée. Ils se documentent sur les éléphants, veulent apprendre, chose qu’ils n’avaient jamais fait avec les autres animaux ! Et je les comprends. L’éléphant est un animal extrêmement sensible et intelligent. Ils insistent pour me démontrer qu’elle n’est pas battue. Un des deux soigneurs qui travaille ce jour là commence à la gratter, mais Tania ne réagit pas. Puis tout d’un coup, elle se baisse et se met à genoux. Et il y a autre chose : elle sait également répondre aux ordres et lever ses pattes, ce qui permet au vétérinaire de soigner les abcès qui se sont formés sur ses ongles abîmés (qu’elle avait avant son arrivée au parc d’après le directeur).

Quoi qu’il en soit, je vois cette grande complicité entre Tania et ses soigneurs, et même avec le directeur qui m’emmène visiter les installations. « Nous connaissions mal les besoins des éléphants, reconnaît-il, mais nous nous sommes entourés d’experts et avons suivi des formations. Elle a en permanence accès à du sable, est lavée au jet deux fois par jour, a constamment accès à une réserve illimitée d’eau pour boire et nous essayons autant que possible de cacher sa nourriture pour qu’elle la cherche. Le bâtiment est chauffé et son box dépasse les dimensions exigées par la législation. Depuis le début de ce scandale, tous les organismes de contrôle ont défilé ici, tous ! »

Bien sûr, les conditions ne sont pas idéales quand Tania doit-être gardée à l’intérieur et j’imagine que l’éléphante doit s’ennuyer. Cependant, le directeur me promet de m’appeler dès que le temps permettra à Tania de profiter de son enclos à l’extérieur. « Vous pourrez alors passer à l’improviste et vous verrez qu’elle sera dehors et heureuse. Nous attendons d’ailleurs que le budget soit signé pour lui creuser un bassin et envoyer un autre de ses soigneurs en formation à l’étranger. »

Nous quittons Tania et ses soigneurs pour poursuivre la discussion dans le bureau du zoo. Et là, je le dis avec humour, mais c’est la vérité, les installations des animaux sont bien plus récentes et modernes que les locaux administratifs du parc ! Kopacz András me dit qu’il s’est habitué aux contrôles et aux insultes depuis l’arrivée de Tania. Mais il ne veut pas que ce scandale porte atteinte à l’image du zoo. D’une part pour ne pas démotiver ceux qui s’y démènent pour un salaire de misère, d’autre part parce qu’il a demandé à intégrer l’EAZA, European Association of Zoos and Aquaria et qu’il serait dommage que leur candidature soit repoussée à cause d’un scandale non justifié.

J’imagine que certaines personnes mettront également ma parole en doute. Je vous le dis franchement, je crois que Monsieur Kopacz András et les soigneurs de Tania sont de bonne foi. Je crois que bientôt, elle sera libre dans son enclos extérieur et bénéficiera des meilleures conditions possibles pour un éléphant en captivité. Évidemment, je revisiterai bientôt le parc, dès que les beaux jours arriveront, pour aller y filmer Tania… à l’extérieur.

Il y a des zoos qui méritent d’être condamnés. Des structures miteuses qui n’ont pas les moyens de prendre soin de leurs animaux. Je vous garantie que ce n’est pas le cas du zoo de Targu-Mures.

J’espère revenir vers vous très vite avec de bonnes nouvelles de Tania ainsi que des photos et des vidéos d’elle dans son enclos extérieur. En attendant, je propose à ceux qui ont diffusé cette information sans la vérifier de faire leur mea culpa. A ce que j’en entendu, 60.000 personnes auraient signé une pétition lancée d’après une photo… sans aucune vérification de l’information de base… alors qu’en France, il y a des éléphants dans les cirques, qui ne reçoivent pas un dixième des soins que reçoit Tania au zoo de Targu-Mures.

Le scandale, c’est d’apprendre qu’on mange du cheval ou qu’on mange de la merde ?

Ce matin, je me lève et comme tous les jours, je lis la presse devant un bol de thé.

Je suis évidemment attiré par ce titre : « CONSOMMATION – De la viande surgelée jetée dans un lac.« 

Des centaines de kilogrammes de viande surgelée ont été retrouvées samedi sur le bord du lac Tarniţa, dans le département de Cluj (ouest), selon la police roumaine.
Des sacs de viande ont également été découverts au fond lac, a ajouté le directeur de la direction sanitaire et vétérinaire du Cluj, Nicolae Pivaru. Plusieurs équipes de l’Inspectorat pour les situations d’urgences, dont des scaphandriers, sont intervenues pour récupérer toute la marchandise. « Nous allons amener la viande au laboratoire pour des analyses », a déclaré M. Pivaru, alors que la police a ouvert une enquête. La semaine dernière, un lot d’une centaine de kilogrammes de viande de cheval étiqueté comme étant du bœuf et destiné au marché roumain a été retrouvé à la suite d’un contrôle de l’Autorité de sécurité alimentaire et vétérinaire roumaine (ANSVA).

La rédaction (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 25 février 2013

 

En plein ChevalGate (ou horsegate) depuis la découverte par Findus que ses plats cuisinés « au boeuf » contenaient de la viande de cheval en provenance de Roumanie, et alors même que l’enquête incriminait le fournisseur Spanghero, qui aurait refilé du cheval en toute connaissance de cause, les français et même les européens semblent découvrir qu’ils ne savent pas ce qu’ils mangent.

Et cet article publié dans Le Monde semble le confirmer :

En Grande-Bretagne, la Food Standards Agency (FSA) a annoncé que 35 examens en laboratoire avaient révélé la présence de viande de cheval dans des produits au bœuf, sur 3 634 tests pratiqués.
Les produits examinés seraient déjà retirés de la vente.

Dans le même temps, le groupe de produits surgelés Iglo a annoncé le retrait « à titre de précaution » de plusieurs produits en Belgique, Irlande, Grande-Bretagne et Pays-Bas après la découverte de viande de cheval dans du chili con carne produit par un fournisseur belge. Sodexo a également retiré tous les produits contenant du boeuf congelé de ses chaînes de restauration au Royaume-Uni.

Je vais être franc : je comprends que des gens puissent être choqués de manger du cheval. Avant de devenir végétarien, je refusais de manger certains animaux, comme le lapin ou le cheval.

Mais finalement, ce qui me choque, c’est que le débat ne dépasse pas l’idée que des industriels, pour faire plus de profit, ont remplacé de la viande de boeuf par de la viande de cheval.

Non, personnellement, ce qui me choque, c’est que les français et même les européens sont traumatisés d’apprendre qu’on leur a fait manger du cheval, mais pas qu’on leur fasse bouffer de la merde !

Car la viande hachée qui rentre dans la composition de la majorité des plats préparés, disons-le, est loin d’être de la viande de qualité. C’est en fait un gloubiboulga de viande et de déchets malaxés pour obtenir quelque chose qui ressemble à du steak haché, qui en a l’aspect et probablement de loin le goût, et qui est en fait composé des restes qui, au lieu de partir à l’équarrissage ou d’être transformés en croquettes pour nos animaux de compagnie, sont désormais valorisés en lasagnes, moussaka ou je ne sais quel autre délice à faire réchauffer au micro-onde.

Alors, pour ceux qui veulent voir quelques images choquantes, voici un reportage. A 12 minutes, quelques images sur les élevages de porc. A 14:50, les poulets. A 17:30, les œufs et les poussins. A 25:50, le lait. A 29:45, le bœuf et les gaz à effet de serre. A 32:23, le poisson.

Même végétarien, je ne suis pas sûr de ce que je mange. Les fruits et les légumes sont arrosés de pesticides et malheureusement, beaucoup de produits biologiques viennent de pays lointains où le manque de contrôles ne garantie rien… j’ai des exemples précis en tête que je vous épargne, mais le bio non bio sera à mon avis un scandale à venir.

Sans avouer que, même végétarien, il m’arrive comme beaucoup d’entre nous de faire quelques exceptions sur le poisson, principalement pour ne pas m’interdire toute vie sociale… (car oui, je connais trop de VG dont les positions extrêmes conduisent à se couper du reste du monde).

Il faut juste rappeler que l’Union Européenne, corrompue par les lobbies, a de nouveaux autorisé que les farines animales rentrent dans la composition des aliments des poissons. Et cette foi, il n’y aura pas de problème, pas de scandale sanitaire, c’est garantie !

Rarement nous parlons végétarisme sur AVES France parce que ce n’est pas l’objet de l’association. Cependant, il me semblait important de recentrer le débat lié à la viande de cheval sur le vrai scandale : OUI, nous mangeons de la merde.

© Vignette : http://en.wikipedia.org/wiki/File:Lasagne_-_stonesoup.jpg

Ils tuent un ours à la hache

Les policiers de la commune de Tisău, région de Buzău en Roumanie, ont pris en flagrant délit deux hommes de la commune (35 et 41 ans), peu de temps après commis un acte de braconnage sur un ours.

Les faits se sont déroulés le 8 novembre 2012. Les deux hommes sont suspectés d’avoir placé un piège sur le domaine forestier de la commune de Tisău. L’animal a été tué à coups de haches après s’être pris dans le piège.

Les deux hommes ont été incarcérés 24 heures, pour acte de braconnage. L’administration forestière estime la valeur du préjudice à 40.000 euro, l’ours étant une espèce protégée.

 

Source : http://observator.ro/172568/au-ucis-un-urs-cu-topoarele-172568.html

Attaques d’ours en Roumanie, ce qu’on ne vous a pas dit…

Comme après chaque attaque d’ours, la presse a relayé allègrement des informations erronées qui ont été utilisées par ceux qui militent, en France et ailleurs, contre la présence du plantigrade. Mais relayer un article à chaud à 2500 km de distance a ses effets pervers.

Vivant en Roumanie, j’ai bien sûr suivi cette affaire… et les différentes versions qui ont été relayées dans la presse jusqu’à ce que la vérité soit révélée.

Oui, un homme de 63 ans a bien été tué par un ours. Mais ce que la presse française a oublié de rajouter, c’est que l’ours était pris au piège et blessé et qu’il a dû déraciner 3 arbres pour se libérer de ses liens. C’est donc une nouvelle fois un acte de braconnage qui est à l’origine de cette attaque mortelle.

Un autre ours aurait également attaqué deux chasseurs qui lui auraient tiré dessus lors d’une partie de chasse.

2 ours ont été tués et les analyses effectuées ont démontré que l’un d’eux était porteur de la rage, qui n’est pas encore éradiquée en Roumanie.

Des attaques liées au braconnage et à des imprudences

Si l’on ne peut pas nier que des attaques d’ours ont lieu en Roumanie, il est indispensable d’en analyser les causes. La Roumanie a la plus grande population d’ours en Europe, mais contrairement aux Etats-Unis où la population et les touristes sont avertis des mesures de précaution à prendre, il n’en est rien en Roumanie.

Dans la majorité des cas, les enquêtes ont démontré des négligences de la part des touristes qui campaient en zones fréquentées par les ours et qui avaient laissé de la nourriture à proximité ou directement dans leurs tentes. Les autres cas, comme ceux récents, mettent en lumière que les ours se sont attaqués à des braconniers et ont attaqué parce qu’ils avaient été blessés.

Il est temps que le gouvernement roumain prenne des mesures pour éviter ces incidents.
Comme le dénonce le WWF, il est impossible de savoir combien d’ours sont présents dans le pays, les estimations n’étant pas fondées sur des études sérieuses. Aucune mesure de prévention n’est prise : les ours viennent toujours se nourrir dans les poubelles auprès de Brasov, les gens abandonnent toujours leurs déchets après avoir pique-niqué en bordure de forêt, il n’y a pas ou peu de panneaux d’information.

Avant de crier à l’ours, il serait bon de penser sérieusement à une gestion efficace de la nature, la destruction massive des forêts dans le pays n’augurant rien de bon sur la cohabitation homme/ours.

Il est bon également de rappeler que le premier ours équipé d’un GPS pour étudier son comportement a été braconné seulement 3 semaines après le début de l’expérience.

Un zoo en Roumanie

Bon, je ne vous cache pas que j’ai longtemps hésité avant d’accepter de me rendre dans un zoo en Roumanie. Je crois que les images des zoos des pays de l’Est que j’ai reçu ces dernières années m’ont trop choqué et que je ne souhaitais pas vivre cette expérience.

Cependant, habitant en Roumanie et à une distance raisonnable du zoo de Targu-Mures, je me devais d’aller y voir si mes craintes étaient fondées ou non.

Le zoo se trouve au coeur d’une forêt de chênes et de charmes, sur les hauteurs de la ville. Il a ouvert ses portes dans les années 60 sur une surface restreinte de 700 m2 avant de s’agrandir (20 hectares) en 1965.

Lors de l’ouverture, seuls 10 animaux étaient présentés : 3 loups, 2 ours, 2 sangliers, 2 faisans et un chevreuil. Désormais, ce sont 500 animaux appartenant à 120 espèces qui y sont hébergés.

Si certains petits animaux, et notamment les singes, sont encore dans des volières contenant peu d’agréments, la majorité des animaux jouissent d’enclos vastes, verts, avec des points d’eau et des zones de refuge.

Les ours, qui étaient encore il y a quelques années dans une fosse bétonnée, ont désormais un immense enclos en terrain naturel, avec des arbres sur lesquels ils peuvent grimper.

La zone des félidés a également été restaurée très récemment et leur offre des espaces qui n’ont rien à envier aux zoos d’Europe de l’Ouest.

Sur la majorité des enclos, on trouve des fiches décrivant les espèces présentées.

Le zoo est membre de l’EAZA et est soutenu par plusieurs programmes, ce qui explique certainement les récents investissements.

Sans être particulièrement favorable à la captivité des animaux, je suis obligé de reconnaître que les conditions de détention dans ce zoo m’ont agréablement surpris et que je suis ravi de voir qu’en Roumanie, un effort particulier a été fait pour offrir aux animaux des enclos adaptés à leurs besoins… surtout quand on sait qu’en France, on trouve encore des zoos qui ne prennent pas la peine de faire ces efforts.

Reste l’éducation du public, puisque comme partout dans le monde, enfants et parents crient pour réveiller ou appeler les animaux. C’est peut-être la partie la plus difficile : on se demande parfois de quel côté du grillage se trouve l’animal.