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  • Sylvie CARDONA

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Accueil du site / Nos articles / News internationales / Grands prédateurs / Canada : 105 ours polaires à abattre !

Dans le nord-est du Canada, sur le territoire des Nuvanut, le gouvernement a autorisé un quota de 105 ours à abattre.

Les quotas seront donc inchangés dans la zone de la Baie de Baffin. Autochtones et chasseurs de trophées pourront donc abattre cette année 105 ours. Cette décision n’a pas manqué de soulever les protestations des organisations écologistes qui affirment qu’au regard de la situation actuelle de l’ours polaire dont les effectifs diminuent, ce quota n’aurait pas dû être maintenu. Pourtant, la population d’ours est tombée de 2100 individus en 1997 à 1500 aujourd’hui.

Le WWF Canada a avertit les autorités et populations locales d’un possible appel à boycott pour protester contre cette décision.

Les populations autochtones font évidemment entendre un autre son de cloche. Les représentants de l’association Nattivak Hunters and Trappers rétorquent en effet que la population d’ours a augmenté et que les écologistes, ne vivant pas dans la région, n’ont aucune connaissance du contexte.

Il y a quelques mois, les leaders Inuits s’étaient opposés au classement de l’ours polaire sur la liste des espèces en danger (Endangered Species Act), arguant que leurs chasseurs et leurs guides bénéficiaient économiquement de la chasse à l’ours. Ils affirment par ailleurs être les mieux placés pour gérer durablement les populations d’ours.

Cette affirmation mérite pourtant quelques réflexions. Un exemple de ce qui se passe au Québec.

L’État accorde annuellement des quotas à chaque village Inuit pour la chasse à l’ours. Les chasseurs autochtones ont l’autorisation d’attribuer un certain nombre de permis à des chasseurs sportifs non résidents. Dans ce cas, des guides du village accompagnent les chasseurs amateurs.

En règle générale, les frais pour la chasse peuvent aller jusqu’à 20 000 $ pour une expédition, une somme qui représente une source très importante de revenus pour les petits villages du Nord du Québec.

La peau d’ours polaire non tannée se vend jusqu’à 3 mille dollars voire plus suivant la qualité de la peau. Pour les chasseurs autochtones, ce montant est une portion assez importante des revenus personnels. Au Canada, la somme totale des peaux et des frais de chasse sportive guidée est estimée à plus d’un million de dollars par an. De 500 à 600 animaux sont tués par des chasseurs inuits et amérindiens du Canada, dont la moitié au Québec.

Péter Molnár de l’Université de l’Alberta au Canada a publié une étude il y a quelques mois révélant que les méthodes de chasse actuelles portaient un grave préjudice à la population d’ours. En effet, le gouvernement canadien encourage les chasseurs à tuer les grands mâles pour épargner les femelles. Or la diminution des mâles affecte les possibilités de reproduction d’autant plus que les femelles ours ont déjà modifié en partie leur comportement en raison du changement climatique qui affecte particulièrement la banquise.

Par ailleurs, en juin 2008, une association de chasseurs américains (mais la fronde est surtout menée par le Safari Club International) a déclaré son intention de poursuivre son lobbying en faveur de la chasse à l’ours polaire, en demandant le déclassement de l’animal. En effet, puisqu’il est interdit de chasser l’ours polaire sur le sol américain, lorsqu’on est un chasseur blanc, les amateurs de trophées s’en vont pratiquer leur activité favorite au Canada. Mais depuis le classement de l’ours, les chasseurs ne sont plus autorisés à ramener leurs trophées (généralement les têtes) aux Etats-Unis. ils essaient donc de convaincre l’Administration américaine de faire une exception.

Pièces jointes