Vice-Présidente et Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
Adresse de contact :
AVES FRANCE
ATTN : Sylvie Cardona
16 Montbernard 58390 Dornes
sylvie.cardona@aves.asso.fr
Tél. : 06.28.08.23.46

Il reste environ 300 lions d’Asie regroupés dans le parc national de Gir en Inde, qui est également classé en sanctuaire. Mais le futur de ces grands félins est bien sombre...
L’histoire de la protection du lion d’Asie est particulièrement édifiante. Après avoir été quasiment décimé par les chasseurs Britanniques, puis menacé par la destruction de son habitat, le lion d’Asie a été sauvé in extremis notamment lors de la création du parc national de Gir dans les années 1960. D’une superficie de 1450 km2, ce parc abrite la quasi totalité de la population de panthera leo persica, ce qui n’est pas sans poser problème. Le risque de propagation des maladies est plus élevé et l’appauvrissement génétique favorisé. 70 à 80% du sperme des lions d’Asie est déficient.
Par ailleurs, le lion partage son maigre territoire avec la population locale et le groupe des Maldharis, qui élèvent du bétail, soit environ 7500 humains et 14000 têtes de bétail. Pire encore, toujours au sein de ce sanctuaire, trois routes ont été aménagées ainsi qu’une ligne ferroviaire. Enfin, quatre temples disséminés dans le parc attirent chaque année 80 000 pèlerins...
La population de lions a augmenté depuis les années 60 mais pas les limites du parc. Les lions font donc de fréquentes excursions en dehors des limites du sanctuaire, pour trouver de l’eau et de la nourriture. Les attaques sur le bétail sont fréquentes, les attaques contre des hommes ne sont pas rares. En conséquence, les villageois tuent parfois des félins.
En avril 2007, les autorités locales ont arrêté trois braconniers accusés d’avoir tué 17 lions en 4 mois. Les animaux sont destinés à la médecine traditionnelle chinoise... Le braconnage pèse donc très lourd dans la balance.
Un programme européen de reproduction en captivité a vu le jour en 1990, à partir du zoo de Londres qui a accueilli 2 mâles et 2 femelles. En 1996, douze zoo européens s’étaient joints au programme. En 2006, on comptabilisait 99 lions répartis dans les zoos participant au programme. Encore faut-il savoir où les relâcher...
Seul espoir, un projet de translocation traîne dans les tiroirs depuis quelques années. Une partie des lions serait transférée dans la forêt de Kuno classée en réserve, un biotope jugé idéal, à 800 km de Gir, à Madhya Pradesh. Cette réserve de 344.686 km2 abrite déjà tigres, dholes, léopards et loups. Le choix des aires protégées où transférer les animaux est de toute façon assez restreint en raison de la surpopulation humaine. Espérons que les tracasseries administratives prendront fin assez rapidement pour que les lions aient une chance de survivre au vingt et unième siècle.
