Secrétaire Générale et Trésorière d’AVES FRANCE

Le 9 septembre 2008 par Sandra CARDONA
« Diviniser l’homme, c’est mépriser l’animal. Or, l’Homo Sapiens appartient à la famille animale. »
Ce grand humaniste au destin exceptionnel, qui nous a malheureusement quitté en novembre 2000 à l’âge de 98 ans, était et restera un modèle pour tous les défenseurs de l’environnement.
Né à Rouen en 1902, Théodore Monod, passionné de sciences naturelles, commence à travailler comme naturaliste au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris dès l’âge de 20 ans (il étudie surtout les crustacés).
Protestant libéral, ce chercheur à la fois intéressé par la biologie, la géologie, la botanique, la zoologie, l’anthropologie et la sociologie, tour à tour Professeur honoraire du Muséum National d’Histoire Naturelle, membre de l’Académie des Sciences, de l’Académie de Marine, des Sciences d’outre-mer, consacra sa vie aux voyages dans le but d’étudier les espèces et d’explorer les déserts (principalement le Sahara) mais aussi pour défendre les causes qui lui sont chères : la protection des tourterelles, des derniers ours des Pyrénées, de la Loire, pour apporter son soutien à Greenpeace, au Roc (dont il a été Président), à la Ligue Française des droits de l’animal et pour promouvoir la paix.
En 1938, il travaille à l’Institut français d’Afrique noire à Dakar puis en devient le directeur quelques années plus tard.
Farouche opposant à la chasse et contre toute barbarie envers les animaux, Théodore Monod milite contre l’élevage intensif, les sacrifices religieux, les corridas, l’expérimentation animale, entre autres. Voici d’ailleurs quelques extraits éloquents, tirés de son livre « le chercheur d’absolu » :
« La chasse est un exutoire de la violence. Ses partisans disent toujours : « Il faut bien que violence se passe » ; « la chasse est naturelle. Elle contribue à l’équilibre biologique ». Ce sont des sornettes émises par des criminels virtuels. Ce qu’ils pratiquent sur l’animal, ils rêvent en fait de le transposer sur l’être humain, quand ils ne le font pas. La violence conduit à la violence. »
« Je me demande parfois si l’homme veut avoir un avenir. Il faut définir une ascension de l’homme, à condition que celui-ci renonce à la violence, à la cruauté, devenues traditions. »
« On va, une fois de plus, me rétorquer qu’il est « plus utile d’aider les êtres humains que les animaux ». C’est oublier que tout se tient. Il est aberrant de mettre l’homme d’un côté, les animaux de l’autre. Il faut donc propager cette notion de réconciliation. Les gens qui font cette objection stupide ne s’occupent en général ni des hommes ni des animaux. Il ne s’agit pas d’aider l’un ou l’autre, mais les deux. La vie est une. » . « Le préambule de la Déclaration des droits de l’animal précise que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux. ». « Il faut apprendre aux enfants à respecter et comprendre les animaux. Quant aux adultes, qu’ils cessent d’en faire des bêtes de cirque, de jeu, d’abattage ou de laboratoire ! ».
Théodore Monod a été connu du grand public grâce au film de Karel Prokop, « le vieil homme et le désert ». (1989)
Ses livres :
Méharées, explorations au vrai Sahara/Plongées profondes/Les Déserts/De Tripoli à Tombouctou/Sahara, désert magnifique/Désert libyque, notes de voyage/Sortie de secours/L’émeraude des Garamantes/Vie et mort en désert/Ballade de mes heures africaines/L’hippopotame et le philosophe/Botanique au pays de l’encens/Le chercheur d’absolu