Vice-Présidente et Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
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Le 23 mars 2008 par Sylvie CARDONA
Là comme ça, tout de suite, je serais tentée de répondre non ! Mais il paraît qu’il faut positiver quand on travaille dans la protection de l’environnement, ne pas jouer les oiseaux de mauvais augure, faire comme si tout ne va pas si mal, pour ne pas décourager le bon peuple. Soit. Je vais rester optimiste. Mais de quoi je parle au fait ? Du fameux projet d’autoroute Pau-Langon, le truc inutile et coûteux qui va contribuer à appauvrir un peu plus la biodiversité de notre pays.
Je ne vais pas vous refaire l’historique, vous trouverez ci-dessous un dossier récapitulatif rédigé par la SEPANSO qui est très complet.
Ce projet disais-je, qui va d’ailleurs contribuer au réchauffement climatique (quoique je crois me souvenir que la France s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mais je me trompe sûrement...) va fragiliser davantage la population d’écrevisses à pattes blanches. En soi, c’est déjà dramatique. Je suis bien certaine que plus de la moitié de ceux qui liront cet article ne savent même pas à quoi ressemble une écrevisse à pattes blanches, et que sa disparition n’empêchera personne de dormir. Alors parlons d’une espèce animale plus emblématique, plus populaire si on veut : le vison d’Europe. Celui-ci est également menacé par le projet d’autoroute. Il figure pourtant sur toutes les listes possibles et imaginables d’espèces menacées mais cela n’empêche guère une poignée d’irréductibles et d’inconscients (dois-je les qualifier de fous dangereux ?) de préférer sacrifier notre pauvre vison à un monde ne vivant que par et pour la bagnole. Fort heureusement (et c’est peut-être là que je vais pouvoir faire preuve d’un peu d’optimisme), le comité permanent du Conseil National de protection de la nature vient de manifester son extrême réserve sur les mesures de compensations proposées par la société possédant la concession du projet autoroutier. Donc les travaux vont devoir être stoppés. Provisoirement.
Et malgré les nombreux recours juridiques déposés, des dégâts ont déjà été commis par la société Alienor. « Détruisons d’abord, discutons ensuite » semble être la devise de bon nombre d’aménageurs...
La décision est entre les mains de M. Borloo, lequel se promenait, il y a encore quelques heures à peine sur la plage de Guétary au Pays Basque, pour assister à l’opération de nettoyage (ça concerne les déchets) organisée par l’association Surfriders. Je suppose qu’il est aussi allé sur l’estuaire de la Loire pour assister à l’opération de nettoyage (ça concerne TOTAL, la fuite de fuel, les oiseaux mazoutés...) mais je n’en suis pas certaine, je n’ai pas l’agenda du ministre scotché sur mon écran...
Donc, patience. Dans quelques jours j’espère ou quelques semaines au pire, nous saurons si nous pouvons pousser un ouf de soulagement pour le vison d’Europe.
PS : Remarquez que je n’ai pas encore parlé du Grenelle (enfin si, juste là) mais je le tiens en réserve pour le cas où j’aurai eu tort de me montrer optimiste.