A propos de l'auteur

  • Sylvie CARDONA

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Accueil du site / Nos articles / News internationales / Déforestation et agrocarburants / Agrocarburants / Agrocarburants : Européens et Américains sur la même longueur d’onde ?

Les Européens, Allemagne, Danemark et Royaume-Uni en tête commencent à se poser des questions sur l’utilité réelle des agrocarburants.Les Américains, obsédés par la question de leur indépendance énergétique, ont décidé de miser sur le bioéthanol quoi qu’il puisse leur en coûter...

Vandana Shiva se déclare contre les biocarburants, dans un article intitulé « biocombustible, el remedio peor que la enfermedad ».

Pour cette biologiste réputée, le recours aux agrocarburants est une mauvaise solution pour remédier au changement climatique. Selon elle, les changements radicaux doivent intervenir dans les modèles de production et de consommation et Vandana Shiva en profite pour dénoncer les prises de position de l’Organisation Mondiale du Commerce et de la Banque Mondiale, accusées de favoriser les projets autoroutiers, les centrales thermiques et l’agriculture intensive par une série de mesures inappropriées. Les grosses multinationales ne sont pas épargnées par ses critiques. Elle rappelle que Cargill joue un rôle important dans la culture du soja au Brésil et des palmiers à huile en Indonésie.

Le Protocole de Kyoto n’a pas permis d’imposer des seuils stricts d’émission de gaz à effet de serre et de réduire voire de supprimer les activités les plus polluantes, notamment dans le domaine de l’industrie automobile. Au lieu de cela, le Protocole de Kyoto a mis en place un système d’échanges de quotas d’émissions de gaz à effet de serre qui n’apportent pas de réelle solution au réchauffement climatique. La déforestation causée par l’expansion des plantations de soja et de palmiers à huile conduit à l’augmentation des émissions de CO2.

Vandana Shiva dénonce l’attitude des Etats-Unis qui comptent produire 120 milliards de litres d’éthanol pour 2017. 84 usines de production d’agrocarburants sont en cours de construction. Or, comme le rappelle l’association américaine Environmental Defense, le développement massif des usines de bioéthanol dans les plaines centrales des Etats-Unis menace directement les réserves en eau souterraine et la biodiversité de cette région. Plus de 10 millions de mètres cubes d’eau par an seraient consacrés à la production de bioéthanol (un litre de bioéthanol nécessite 3 à 6 litres d’eau). Mais ce n’est pas tout. Ces raffineries pourraient conduire à la multiplication des champs de maïs autour des usines, cultures extrêmement gourmandes en eau qui mettraient en péril les zones de prairies protégées de la région.

Pendant ce temps, en République Démocratique du Congo, une entreprise chinoise a prévu de planter trois millions d’hectares de palmiers à huile pour répondre à la demande occidentale (contrat signé en octobre 2007), et encouragée en cela par les déclarations d’un économiste de l’ONU qui affirme que le pays recèle d’immenses étendues de terres cultivables à l’extérieur des forêts tropicales !

Le Danemark et l’Allemagne se démarquent quelque peu du reste de l’Europe en se posant davantage de questions sur la provenance des agrocarburants et leurs impacts sur la nature. Inquiet des différents rapports internationaux émis au cours de ces derniers mois, le Ministre de l’Environnement allemand veut prendre le temps de la réflexion et souhaite que son pays ne puisse importer que des agrocarburants produits de manière "écologique". Par ailleurs, l’Allemagne souhaite se passer de l’huile de palme en raison des catastrophes écologiques que ces plantations provoquent.

Ca tombe bien. L’île de Sumatra en Indonésie est en train de vivre un véritable cauchemar à cause de notre appétit pour les agrocarburants. Le gouvernement régional a octroyé des titres de propriété foncières à des compagnies qui détruisent la forêt pour y planter les palmiers à huile. Et les populations locales ne peuvent s’opposer aux méthodes de ces compagnies qui brûlent tout sur leur passage.