A propos de l'auteur

  • Sylvie CARDONA

    Vice-Présidente et Co-Fondatrice d’AVES FRANCE

    Adresse de contact :

    AVES FRANCE

    ATTN : Sylvie Cardona

    16 Montbernard 58390 Dornes

    sylvie.cardona@aves.asso.fr

    Tél. : 06.28.08.23.46

Partenaires :
soutenez Aves france

Créez votre badge

Recherche

Autres articles dans cette rubrique

Accueil du site / Nos articles / News internationales / Grands prédateurs / Au Kamchatka, le braconnage des saumons menace les ours

Le Kamchatka fait partie des plus beaux endroits au monde. Cette fantastique réserve naturelle située en Russie abrite d’importantes populations d’animaux sauvages, dont le loup, l’ours brun, le saumon, l’aigle de Steller...

Depuis quelques années, ce lieu jusque là relativement bien préservé connaît une fréquentation plus ou moins assidue de la part non seulement de biologistes ou d’autres scientifiques, mais aussi d’équipes de tournage, de sportifs aventureux et de chasseurs américains fortunés qui viennent traquer l’ours en avril et mai.

A cette occasion, 300 animaux sont tués en deux mois - le quota légal - mais les ours braconnés ne sont pas « comptabilisés » et les guides locaux rapportent que les chasseurs se contentent de prélever les pattes et la langue, qui sont consommées autour d’un feu de bois, le reste de l’animal étant jeté...

Cette fréquentation n’est pas encore trop dramatique pour le moment, en raison de l’absence de routes et autres infrastructures. Mais cette péninsule volcanique riche en biodiversité attire aussi les braconniers qui ont constitué un vaste réseau pour le trafic de saumons sauvages. Inutile de se leurrer, outre les pêcheurs, sont également impliqués les élus locaux, la police et les citoyens. En juillet et en août, les saumons qui remontent les rivières sont impatiemment attendus par certains prédateurs dont l’ours, et par les braconniers.

A l’époque de l’ex-URSS, le Kamchatka était une base militaire stratégique dont l’accès était sévèrement contrôlé et le braconnage impitoyablement réprimé. Aujourd’hui, la loi a cessé de s’appliquer dans cette vaste zone offerte à toutes les convoitises. Les braconniers et les pêcheurs savent pourtant qu’ils épuisent la ressource naturelle. Ils reconnaissent volontiers être la cause de la raréfaction d’une espèce de crabe dans la mer d’Okhotsk (en 1992, on pêchait 35 000 tonnes de crabes, en 2006, les prises représentaient 3400 tonnes...) et le même phénomène est en train de se produire avec le saumon.

Conséquence de ces prélèvements insoutenables pour la population de saumons, les ours sont menacés de famine. Ces animaux s’approchent régulièrement des villes pour se nourrir dans les poubelles, les décharges et à proximité des usines de pêches. Cela ne manquera pas de poser problème d’ici peu.

Des observateurs estiment que 10 000 tonnes environ de saumons sont illégalement pêchés chaque année. A ce rythme, le saumon sauvage aura complètement disparu dans quelques années, causant de graves bouleversements au sein de l’écosystème.