Vice-Présidente et Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
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Le 3 juillet 2007 par Sylvie CARDONA
En 2003, la Commission Européenne a adopté un plan d’action européen relatif à l’application des réglementations forestières, à la gouvernance et aux échanges commerciaux (FLEGT) visant les zones géographiques qui concentrent 60% des forêts de la planète, et qui sont les plus durement touchées par l’exploitation illégale du bois. Ces zones comprennent l’Afrique Centrale, la Russie, les régions tropicales de l’Amérique du sud et l’Asie du sud-est.
Comme nous l’avons déjà mentionné dans différents articles, c’est l’Indonésie qui paie actuellement le plus lourd tribut. D’importantes surfaces de forêts sont rasées ou brûlées chaque année pour faire place, entre autres, aux plantations de palmiers à huile. Quant au bois exploité, des essences précieuses et rares, il est notamment acheminé vers l’Union Européenne, principal acheteur de ce bois.
L’objectif de ce plan est de promouvoir une utilisation durable des forêts. Cependant, il est nécessaire de garantir préalablement la légalité des opérations forestières, vaste programme quand on sait que rien que pour l’Indonésie, un certain nombre d’arbres abattus proviennent des parcs nationaux.
Le plan d’action prévoit une série de mesures permettant de réformer le système d’exploitation des forêts, parmi lesquelles le renforcement de contrôles par les banques et institutions financières qui investissent dans le secteur forestier, la réforme des codes des marchés publics...
En 2005, le Conseil a adopté un règlement autorisant le contrôle des importations européennes de bois en provenance des pays signataires d’accord de partenariat volontaires avec l’Union Européenne. Ces accords volontaires ont actuellement négociés avec la Malaisie, le Ghana et l’Indonésie, ce qui permettrait de s’assurer que seul le bois exploité légalement dans le pays signataire serait importé sur le territoire de l’Union Européenne. Ce système nécessite la mise en place d’un programme de licences destiné aux autorités douanières, une meilleure application de la législation forestière, une réforme du secteur sylvicole et une plus grande implication de la société civile dans le processus.
L’Union Européenne devra prendre en compte plusieurs paramètres importants dans la lutte contre l’exploitation illégale des forêts : le pouvoir du lobby de l’industrie du bois, la corruption et le manque de transparence au niveau local, les droits des populations locales. Par ailleurs, l’Union Européenne devrait également s’intéresser de près à l’abattage illégal des forêts sur son propre territoire afin de montrer le bon exemple...