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Accueil du site / Actions & Projets / Actions diverses / AVES FRANCE s’interroge sur la politique écologique de demain...

Alors que Nicolas Sarkozy (signataire du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot) vient de prendre ses fonctions à la tête du pays, AVES FRANCE a souhaité lui poser quelques questions sur la politique que mènera son gouvernement sur les sujets qui nous préoccupent. Voici la liste des sujets que nous avons décidé d’aborder dans notre courrier...

L’ours dans les Pyrénées : quel avenir ?

Depuis près de 25 ans, la France tente de conserver une faible population d’ours dans les Pyrénées. Pourtant, le nombre d’ours présents dans nos montagnes à ce jour est toujours très bas et l’avenir de l’espèce dans notre pays n’est toujours pas envisageable sans de nouveaux renforcements de populations.

Nous sommes conscients des difficultés que la conservation de cette espèce génère dans les Pyrénées. Des groupements ultra pastoraux ont même vu le jour ces dernières années, s’opposant farouchement à la présence du plantigrade, refusant le dialogue avec les protecteurs de l’ours ainsi que les méthodes de protection des troupeaux que nous leur proposons.

AVES France et Génération Ecologie demandent depuis août 2006 le retour de réserves de protection intégrales sur le territoire des ours, comme le furent les réserves Lalonde à l’époque.

Réintroduire des ours pour empêcher l’espèce de disparaître est une action symbolique. Cependant, l’histoire nous montre que sans une protection accrue dans les zones de présence des ours, notamment en interdisant la chasse, l’opération est vouée à l’échec. Depuis 1994, trois ourses ont été abattues par des chasseurs. L’autopsie de la dépouille de l’ours Papillon avait aussi révélé la présence de nombreux plombs.

L’Etat mettra-t-il en place les mesures nécessaires à la conservation (durable) de l’ours en France, ou envisage-t-il plutôt de laisser les ours disparaître ?

Le loup : améliorer les méthodes de protection des troupeaux ?

Depuis plusieurs années, l’Etat organise des tirs létaux sur les populations lupines, tirs censés rassurer les éleveurs dont les troupeaux sont victimes d’attaques de la part du canidé. Cette année, le plan d’action 2007-2008 prévoit même que les bergers puissent procéder eux-mêmes à des tirs défensifs. Le loup est une espèce protégée. Ce n’est pas en abattant quelques spécimens au hasard que les attaques cesseront (sauf si l’Etat décide de les exterminer à nouveau...).

Nous pensons qu’il faut mettre en place un contrat gagnant/gagnant, qui consisterait à aider les éleveurs à mettre en place toutes les mesures de protection nécessaires pour garantir la protection de leurs bêtes. Seuls ceux qui auront suivi ces recommandations pourront prétendre à une indemnisation en cas d’attaque. Il faudra également permettre à des techniciens agricoles compétants de venir étudier les estives où les attaques ont eu lieu, afin de pouvoir optimiser dans les plus brefs délais les moyens de protection mis en place.

A ce propos, AVES FRANCE tavaille depuis 2005 avec Robert WOJCIECHOWSKI, technicien agricole spécialisé dans les clôtures de protection, qui a testé ses systèmes en Europe et aux Etats-Unis. Peut-être serait-il intéressant de faire bénéficier de son expérience les éleveurs, plutôt que de continuer à construire des clôtures en dépit du bon sens, ce qui conduit bon nombre de personnes à croire encore aujourd’hui que la cohabitation entre pastoralisme et grands prédateurs est impossible.

Le droit environnemental : enfin respecté ?

AVES FRANCE souhaite également que ce nouveau gouvernement s’intéresse à l’application des textes juridiques lors des atteintes à l’environnement. Nous avons observé que dans de nombreux cas, les plaintes pour destruction d’espèces protégées ou pour dégradation de l’habitat conduisent à des non-lieux ou à des condamnations avec sursis. Est-il normal que dans notre pays, il soit plus grave de manifester contre les OGM que de tuer une espèce menacée ?

Enfin, nous attendons du gouvernement :

- qu’il n’autorise plus les dérogations sur les dates d’ouverture de chasse décidées par l’Union Européenne,
- qu’il mette un terme aux spectacles d’animaux sauvages (montreurs d’ours, animaux non domestiques dans les cirques)
- qu’il s’engage à ne plus utiliser de bois des forêts tropicales et qu’il mette en place une taxe sur son importation, afin de limiter notre responsabilité dans la disparition de ces forêts.

Un ancien président disait, il y a quelques années, que la maison brûle... il est plus que temps de l’éteindre.

L’écologie est un souci d’aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous permettre de n’en parler que demain.

ps:

Nous ne manquerons pas de publier ici l’éventuelle réponse que nous recevrons...