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Accueil du site / Nos articles / News France / L’ours des Pyrénées / Ours : vous avez dit "espèce protégée" ?

La France est peut-être le pays des droits de l’Homme, force est de constater que ce n’est toujours pas le pays des droits des Animaux. Alors que nous attendions depuis plus de deux ans la décision du tribunal contre René Marquèze, le chasseur qui a abattu l’ourse Cannelle en novembre 2004, c’est finalement un non lieu qui a été prononcé.

AVES FRANCE est outrÈe par cette dÈcision, qui prouve une fois de plus que la justice n’a pas le mÍme poids pour tous les citoyens dans notre pays. Affaires classÈes sans suite, peines avec sursis, non lieu, relaxes... le droit environnemental n’a-t-il aucune valeur en France ?

En prononçant un non lieu dans le procès de la mort de Cannelle, la justice encourage de nouveau les braconniers à tuer des grands prédateurs, pourtant classés dans la liste des espèces protégées. En France, le simple fait de confondre un chien avec un loup, ou de plaider la légitime défense lorsque l’on tue un ours, suffit pour convaincre les tribunaux de sa bonne foi, et permet même de sortir avec les honneurs de tous les opposants aux grands prédateurs.

Cela ne peut plus durer ! A partir du moment où un animal strictement protégé est abattu, il y a une faute, et quelles que soient les circonstances, cette erreur devrait être sanctionnée. Sans condamnation, la justice ouvre la porte à toutes les dérives imaginables.

De plus, en refusant de condamner les auteurs (formellement identifiés) de ces "destructions d’espèces non domestiques protégées", la justice met à mal des années de travail d’associations de protection de la nature. Nous plaidons pour la cohabitation, mais à quoi bon puisque ceux qui règlent les problèmes d’un coup de fusil ne sont pas punis ? Quelle crédibilité nous offre-t-on dans un monde où d’un côté, on réintroduit des ours et on facilite le retour des loups, alors que de l’autre, on extermine sans crainte des sanctions prévues par le droit environnemental ?

AVES FRANCE a décidé d’écrire à la Présidence de la République ainsi qu’aux ministères de l’écologie, de la justice et de l’intérieur, afin de leur faire part de son mécontentement dans la gestion des plaintes concernant les dossiers environnementaux.

Depuis le 31 août 2006, nous avons relancé l’idée des réserves Lalonde, zones de protection intégrale dans lesquelles la chasse doit être interdite. Malgré l’envoi d’un courrier (co-signé à notre demande par Génération Ecologie), le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable ne nous a pas donné signe de vie. Seule une réponse de la Présidence de la République nous a été envoyée, stipulant que notre lettre avait attiré l’attention et qu’elle serait transmise au MEDD...

En attendant, Claude, Mellba et Cannelle sont mortes pour rien. L’histoire se répète et la légitime défense émeut toujours autant les présidents des tribunaux... pauvre chasseur, c’était lui ou l’ours. Etonnant de voir que les incidents se passent toujours entre un ours et un homme armé !

Et si demain, un lapin, tuait un chasseur, je peux vous parier que malgré une magnifique plaidoirie de son avocat, il irait en prison sans passer par la case départ. Pourquoi ? Sûrement parce que le chasseur n’est pas une espèce protégée...

Alors, que proposer aux associations de protection de la nature pour le futur ? Peut-être simplement se reconvertir... Devenir une association de protection des chasseurs ? Malgré toutes les tentatives de découragement auxquelles nous devons faire face, nous poursuivrons le combat en rêvant qu’un jour, les français se réveilleront avec une conscience écologique et nous rejoindront en masse pour qu’enfin, nos dirigeants ouvrent leurs oreilles.

Voir en ligne Conservation de l’ours des Pyrénées : le retour des réserves Lalonde