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Le 16 janvier 2007 par Christophe CORET
Internet est un outil extraordinaire permettant de trouver tout et n’importe quoi. Cette mine quasi inépuisable d’informations permet malheureusement à certaines personnes de profiter du système pour se livrer à des activités douteuses. Le commerce des animaux ne fait pas exception. Comment dénoncer ce trafic et enrayer au plus tôt ces dérives ?
"taxidermie loup chasse wolf Trophée Gévaudan 1901" : c’est dans ces termes qu’un particulier vient de mettre en vente une "tête de loup rare" sur un grand site de vente aux enchères en ligne. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un passionné de la nature s’en rende compte et nous contacte, scandalisé de voir ce type d’articles en vente sur un site grand public. Sans tarder, nous avons vérifié l’information et avons déposé une plainte auprès du service client du site concerné.
Nous sommes bien évidemment conscients que les trophées de chasse peuvent être considérés par certains acheteurs comme des "oeuvres d’art". Cependant, permettre le commerce de ce genre d’articles sur un site de vente entre particuliers nous apparaît dangeureux et pourrait permettre de nombreuses dérives. Nous avons donc demandé la suppression de cette annonce et nous devrions obtenir une réponse dans les 24 prochaines heures.

Mais la vente de trophées de chasse n’est malheureusement pas le pire commerce auquel nous devons faire face. Régulièrement, des personnes nous informent que des vendeurs étrangers utilisent des sites de petites annonces en ligne pour proposer l’importation, en France, d’espèces rares protégées ou menacées.
"Papa, je veux un singe !" s’exclame votre enfant ? Après tout, cela paraît si simple avec internet de faire venir un animal. Pourquoi ne pas céder à la tentation ? La majorité des animaux proposés par ces vendeurs peu scrupuleux sont prélevés directement dans la nature. La plupart des annonces que nous avons trouvé proposent d’ailleurs des espèces rares provenant de divers pays d’Afrique. Il faut savoir que de nombreux animaux sont tués avant qu’un seul n’arrive vivant jusqu’à son destinataire. La méthode de capture fait souvent de nombreuses victimes, puis s’ensuit la mortalité due au transport et à la malnutrition. Les animaux passent souvent par plusieurs intermédiaires se trouvant dans des pays différents afin qu’il ne soit pas possible de remonter tout le réseau de trafiquants.

En décembre 2006, l’association algérienne "Amazer N Kefrida" nous informait du problème des singes magots capturés puis vendus illicitement en Europe. Dans son reportage, Saïd LACETE nous informe que "le plus gros bonnet (du trafic de magots) est originaire de Bouira. Un connaisseur en la matière qui s’occupe de ce trafic depuis des années sans qu’il soit nullement inquiété. Ce trafiquant achemine dans un premier temps sa « marchandise » à Annaba pour la transporter par bateau vers Marseille. Une fois dans la cité phocéenne, le trabendiste rallie l’Italie par route, et ainsi, la commande arrive à bon port."
La vente d’un singe magot en Europe peut rapporter près de 1.000 euros par individu. Il est évident qu’internet offre quantité d’acheteurs potentiels qui font rêver les trafiquants. Que deviennent les animaux quand leurs propriétaires se rendent compte qu’ils ne sont absolument pas adaptés à nos conditions de vie ?
Il nous semble important de continuer l’information du grand public afin qu’il comprenne les problèmes liés au commerce des animaux sauvages. Nous invitons les internautes à être vigilants et à dénoncer systématiquement les annonces qui leur paraissent suspectes. Et si votre enfant vous réclame l’animal qu’il a vu dans un reportage, le plus simple est sûrement de lui expliquer pourquoi ce n’est pas possible, de lui acheter un livre et de se prendre à rêver, à ses côtés, du jour où vous l’emmènerez découvrir la vie de l’animal qui le passionne, dans la nature.
Voir en ligne Des singes magots capturés puis vendus illicitement en Europe