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  • Christophe CORET

    Président de l’association AVES FRANCE

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Accueil du site / Nos articles / News France / L’ours des Pyrénées / Lassalle - Bonrepaux : un couple anti ours uni pour le meilleur et pour le pire !

Ce n’est plus un secret pour personne : Jean Lassalle et Augustin Bonrepaux font leur carrière politique en surfant sur la vague anti-ours. N’avions-nous pas prédit qu’en retrouvant de l’appétit, il reprendrait sa guerre contre l’ours ? Quand le président de l’IPHB se moque de la charité...

Mardi 7 novembre était un jour de fête chez les anti-ours. La commission des Finances de l’Assemblée nationale venait de décider d’amputer de moitié les crédits consacrés à la surveillance des ours dans les Pyrénées. Malheureusement pour eux, la fête a été de courte durée, car l’amendement Bonrepaux a été rejeté par l’Assemblée Nationale. Même le monologue réchauffé de Jean Lassalle n’a rien pu faire pour sauver la barque... Je vous en livre un court extrait, à lire avec l’accent pour plus d’authenticité :

"M. Jean Lassalle : Madame la ministre, vous et moi sommes avant tout deux élus locaux. Vous avez dit tout à l’heure que je n’étais pas cohérent sur cette question des ours et que je m’acharnais sur celle de Roissy. J’ai toujours été cohérent, et si vous êtes remontée jusqu’à 2004, je vous invite à aller jusqu’en 1970 : vous auriez constaté que j’ai toujours été partisan de la cohabitation entre les hommes et les ours. Fils de berger, j’ai vécu cette cohabitation. Il ne faut pas nous contraindre, voilà tout ! Il fallait procéder dans l’esprit de la décentralisation ! Madame la ministre, vous avez désigné sur la carte une partie de la France devenue inutile : les Pyrénées. Les hommes n’y ont plus droit de cité. Cela ne fait rien si paysans et bergers disparaissent, du moment qu’il y a des ours sauveurs de la biodiversité de la planète ! Tout est parfait ! Mme Olin a cédé aux groupes de pression, dont la chambre régionale des comptes serait d’ailleurs bien inspirée de regarder les ressources. Qui finance les fondations, à commencer par celle de Nicolas Hulot ? L’État doit rassembler et non diviser ! La montagne ayant toujours été le lieu de la liberté, je voterai de tout cœur pour la suppression de ce million !"

Ah ! Voilà maintenant que Monsieur Lassalle se permet de critiquer les sommes versées aux associations par l’Etat français. N’est-ce pas un peu l’hôpital qui se moque de la charité quand on sait combien de millions ont été dilapidés par l’IPHB ces 13 dernières années ? S’il faut une piqûre de rappel, alors allons-y :

843.000 euros, c’est le budget primitif de l’IPHB en 2005. Un chiffre astronomique, je vous l’accorde, surtout si on le compare aux résultats obtenus ! En 12 ans d’actions sur le terrain, l’Institution n’a pas réussi à faire accepter complètement la présence de 4 ours sur son territoire (peut-être parce que ses dirigeants ne l’acceptent pas eux-mêmes !). Vu le budget annuel de l’IPHB, il semble légitime de se demander quelle part dudit budget est réellement allouée à la conservation de l’ours et quel pourcentage est consacré à la conservation du pastoralisme (héliportage du matériel, hélitreuillage des animaux blessés, restauration des cabanes, muletage...). Dans les faits, il semble évident que l’IPHB est un leurre, une structure composée d’élus locaux formellement opposés à « l’ours, qui est aussi un fauve à l’état sauvage » (Jean Lassalle), et qui a réussi à prendre le contrôle du dossier ours en France en se faisant passer pour de « vrais protecteurs » de l’environnement (contrairement aux autres associations qui sont des regroupements d’urbains extrémistes).

Certes, l’IPHB participe à l’indemnisation des dégâts d’ours, aux campagnes de sensibilisation, aux études biologiques sur l’animal, à la mise en place de moyens de protection sur les estives. En contrepartie, elle continue de détruire l’habitat des ours en construisant des pistes ou en réalisant des équipements pastoraux et forestiers... Or, il semble indispensable d’arrêter au plus vite de créer de nouvelles nuisances, et même de mettre un terme à celles existantes pour favoriser la conservation des ours. Mais l’IPHB n’a-t-elle pas d’autre but que d’attendre l’extinction naturelle des ours ?

En 2006, Nelly Olin a eu le courage de désavouer l’IPHB en décidant de ne pas renouveler les financements de l’IPHB pour la gestion de l’ours. Mais Jean Lassalle n’enterre pas la hache de guerre aussi facilement. Son combat contre l’ours (euh, pardon, pour les Pyrénéens), c’est sa vie. Et la passion, il la partage avec Augustin Bonrepaux, presque d’une même voix tellement leurs argumentaires sont communs :

"Outre que l’introduction d’ours slovènes ne répond pas aux prescriptions de la convention de Berne précisant que l’acceptation des populations est nécessaire, les gaspillages générés sont déplorables. La gestion des fauves échappant à ses promoteurs, les ours se déplacent vers les villes et les coûts liés aux déploiements de la Gendarmerie et des pompiers, aux vols d’avions et d’hélicoptères sont considérables."

Leur solution est donc très simple : enfermer les ours dans des parcs pour que bergers et brebis puissent dormir tranquillement dans la montagne. Quoi de plus normal, me direz-vous, que de mettre les animaux sauvages en cages pour laisser vivre les animaux d’élevage en pleine nature ?

"La solution raisonnable et économe pour maintenir les ours sans conséquences graves pour les habitants est de les cantonner sur des territoires réservés, l’État possédant de nombreux milliers d’hectares dans les Pyrénées. Avec des marges plus réduites, il est donc possible de réaliser un projet viable pour l’ours tout en économisant les deniers publics. (Applaudissements de M. Lassalle.)"

Evidemment, nous ne pouvons que dénoncer ce point de vue !

L’association AVES FRANCE milite pour que les territoires des ours soient protégés des activités humaines (création de zones de protection intégrale, comme les réserves Lalonde).

L’ours est un animal sauvage protégé et doit à ce titre pouvoir vivre en liberté sur son territoire. Les animaux ne connaissent pas les frontières et c’est à nous de leur garantir la tranquillité de leur habitat. Mais cela, bon nombre d’éleveurs l’ont déjà compris... à croire que les représentants des anti-ours sont juste un peu plus longs que les autres à intégrer que combattre l’ours n’est pas dans leur intérêt.

Voir en ligne L’ours et l’IPHB