Vice-Présidente et Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
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Le 22 août 2005 par Sylvie CARDONA
On parle trop peu hélas de ce superbe félin, menacé d’extinction, et dont la population actuelle (moins de 13 000 individus) se répartit sur 25 pays - dont la plus grosse population en Namibie est de 2 500 félins, et la plus petite comprend une centaine de bêtes en Iran. Par ailleurs, on estime à 1 000 environ le nombre d’individus détenus en captivité, dont 300 en Amérique du Nord.
Voici les 5 sous-espèces :
Acinonyx jubatus jubatus : Afrique du Sud, Namibie, Bostwana, Zimbabwe, Malawi
Acinonyx jubatus raineyi : Kenya, Ouganda, Somalie
Acinonyx jubatus soemmeringii : Ethiopie, Tchad, Soudan, Cameroun, sud Niger
Acinonyx jubatus hecki : Sénégal, Ghana, Burkina-Faso, Mali du sud, nord Bénin
Acinonyx jubatus venaticus : Afrique du nord (Maroc, Egypte, Algérie, nord Niger, nord Mali, nord Mauritanie), Asie et Inde.
Le guépard est classé en annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction), qui interdit totalement son commerce et figure sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN.
Le guépard Indien a disparu en 1948, décimé principalement à cause de la chasse. A ce propos, des scientifiques indiens ont le projet de cloner l’animal afin de lui redonner sa place sur le continent, et les fonds ont déjà été alloués. Cependant, le guépard le plus génétiquement proche est celui d’Iran dont il ne reste plus qu’une centaine d’individus à l’état sauvage. Il est donc hors de question de capturer un sujet iranien. De plus, ce mécanisme de reproduction, encore mal maîtrisé, reste très aléatoire. Enfin, le plus grand obstacle réside certainement dans le fait que le guépard indien risque fort de ne pas retrouver son habitat originel, ni les proies qui constituent son régime alimentaire, compromettant ainsi ses chances de survie. Il est donc fort probable que ce projet ne voie jamais le jour. Du reste, il est navrant de constater que ce type de projet peut être financé, alors que les organismes oeuvrant à la protection et à la conservation des populations existantes ont des difficultés à rassembler des fonds.
Le guépard du Sahara, quant à lui, est la sous-espèce la plus menacée et fait actuellement l’objet d’un programme d’étude. Il était temps car cette sous-espèce n’a jamais vraiment intéressé les scientifiques de sorte que l’on ne dispose d’aucune donnée récente sur l’animal. La disparition de son biotope, la réduction de ses territoires de chasse et la pratique incontrôlée de la chasse au guépard sont en revanche des causes bien identifiées de sa raréfaction.
Quelles sont les menaces qui pèsent actuellement sur le guépard ?
En Afrique, le guépard se heurte à la diminution de son habitat, provoquée par l’augmentation de la population humaine et l’extension des cultures. Or ce félin a besoin d’immenses territoires. De plus, il est victime d’un appauvrissement génétique qui le rend fragile et plus sensible aux maladies, ce qui entraîne une diminution des naissances.
Il subit également une forte concurrence de la part des lions et des hyènes, surtout dans les parcs africains où ces deux dernières espèces sont en surnombre. Le guépard n’est pas un félin particulièrement féroce. Il compense son manque de force par sa rapidité et ne peut donc pas disputer ses proies à un lion ou une hyène qui s’en prennent également à sa progéniture. Comme pour n’importe quel autre félin, le braconnage constitue un problème sérieux qui n’est pas à négliger. Le guépard est aussi victime des ranchers africains, des blancs pour la plupart, propriétaires d’immenses domaines où ils élèvent du bétail. Des clôtures et des barbelés sont installés, empêchant la migration des herbivores, principales proies du guépard. Celui-ci est en outre considéré comme un concurrent par les ranchers, qui lui imputent, à tort, les attaques sur le bétail. Il est donc tiré, empoisonné, trappé.
Peu à peu les mentalités évoluent. Des organismes de protection de la faune sauvage tentent de sensibiliser les populations africaines et surtout, essaient de persuader les ranchers qu’un guépard vivant peut rapporter plus qu’un guépard mort. Cependant, ces ONG n’excluent pas des tirs sélectifs, très réglementés et donc soumis à autorisation, et dont le coût (l’idée est de faire payer assez cher ce permis de chasse temporaire) permettrait de financer un programme de conservation. Donner une valeur commerciale à une espèce animale est une idée dangereuse et néfaste mais il semble malheureusement que de nombreuses ONG se résignent à adopter de plus en plus fréquemment cette solution à défaut de trouver d’autres idées, ou de miser sur le tourisme vert.
Quoi qu’il en soit, les jours du guépard sont comptés. Les gouvernements africains et les instances mondiales de protection de la faune sauvage auront-ils suffisamment de volonté pour se donner les moyens de préserver le félin le plus rapide de la création ?
Sources : Cheetah Conservation Fund - Wildlife Conservation Network.