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Le 4 juin 2006 par Christophe CORET
Le lâcher de Balou, quatrième ours réintroduit cette année dans les Pyrénées, a déclenché la joie des défenseurs et la colère des anti-ours. Devant les menaces proférées à l’encontre des pro-ours, les organisateurs ont décidé, vendredi après-midi, de transférer la manifestation de Bagnères-de-Luchon à Toulouse...

Ce choix a été fait vendredi vers 14h nous a expliqué Olivier Hernandez, du WWF à notre arrivée à Paris. Notre sécurité n’étant pas garantie à Luchon, il fallait trouver une solution dans l’urgence, et Toulouse semblait la meilleure alternative.

Quelques jours avant la manifestation, les anti-ours avaient dressé des barrages routiers et avaient brûlé des pneus et détruit le décor paysager réalisé par les jardiniers de la ville de Luchon pour l’occasion. René Rettig, maire de Bagnères-de-Luchon, a d’ailleurs condamné les paroles de Bernard Moules, secrétaire général de la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui avait prévenu jeudi : "Si par malheur on lâche un nouvel ours, je ne sais pas si la fête pourra se tenir".

Un millier de personnes s’est donc rassemblé à Toulouse où une délégation a remis à la préfecture une pétition lancée après la mort de l’ours Cannelle, en novembre 2004, portant 126.945 signatures en faveur de la réintroduction d’ours dans les Pyrénées.

La manifestation a alors pu se poursuivre par un défilé dans les rues de Toulouse, entre la place Saint-Etienne et la place du Capitole. Dans le cortège, une quarantaine d’associations, mais aussi des personnalités politiques ou associatives dont Serge Lepeltier, ancien ministre de l’écologie (qui a lancé le plan de restauration actuel), Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Dominique Voynet, les maires des communes pro-ours et responsables de l’ADET-Pays de l’ours, Gilbert Simon (WWF/Ferus), Gérard Caussimont (FIEP) et Roland Guichard (ex ARTUS).

Cette manifestation nous a également permis de poursuivre la discussion avec Robert Wojciechowski qui a déjà écrit plusieurs articles sur les clôtures de protection publiés sur AVES FRANCE, rubrique "Projets et Actions d’AVES FRANCE / Nos Actions / Les pétitions / Moyens de protection des troupeaux".
Aucun incident n’a été signalé. La manifestation se voulait joyeuse et bon enfant afin de ne pas répondre à la violence de nos opposants. Malgré les menaces, Jean Lassalle, Augustin Bonrepaux, Philippe Lacube et Stéphane Lessieux, principaux leaders du mouvement anti-ours ne se sont pas déplacés.

Comme l’a expliqué Nelly Olin sur la radio France-Info vendredi, le Conseil d’Etat a donné son accord pour la poursuite du renforcement des ours et rien ne l’empêchera de poursuivre ce plan. Une dernière femelle doit encore être lâchée. Nous espérons que cette opération pourra se dérouler dans le calme et que la sécurité des ours sera assurée.
Puis, un jour, nous rêvons que le dialogue puisse reprendre entre tous les partenaires locaux afin de pouvoir parler de la réintroduction des ours en Béarn... Utopie ? L’avenir nous le dira !
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