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Le 3 mars 2010 par Christophe CORET, Sylvie CARDONA
Les associations signataires ont financé cette page de publicité dans Pyrénées magazine. Les citoyens et élus Pyrénéens doivent pouvoir entendre un autre son de cloche que celui des anti-ours.
Qui dit "Pyrénées" dit "ours" !
Personne ne peut nier le lien entre les Pyrénées et l'Ours, qu'on l'aime ou non. Dans les Pyrénées, l'ours est à la fois l'ancêtre et le descendant de l'homme. "Ne tue pas l'ours, c'est ton père !" commande une légende Basque, tandis qu'une autre explique que l'ours est un homme déchu qui grognait trop aux oreilles de Dieu, de passage sur terre. Pouvons-nous le renier ? Et que deviendraient les fêtes de l'ours, temps-forts de la culture pyrénéenne à la disparition du dernier ours ? Du folklore, déconnecté, comme "hors-sol", maintenu artificiellement pour des raisons économiques... Faut-il vraiment le souhaiter ?
Tant qu'il y aura des ours...
L'ours, c'est la différence entre des montagnes et les Pyrénées. On peut aménager, exploiter, saccager la montagne ; pas les Pyrénées, tant qu'il y restera des ours. Certains voient l'ours comme un frein au progrès. Nous disons, nous, qu'il est le garde-fou contre les excès d'un développement effréné et à courte-vue. Il n'est pas celui qui empêche, il est celui qui exige la qualité et qui la permet en mobilisant les moyens nécessaires. L'ours n'est pas une contrainte, c'est une opportunité. La saisirons-nous ?
L'homme qui a vu l'ours...
L'homme qui a vu l'ours devient quelqu'un ; il a droit à un article dans le journal. Pour le visiteur, une forêt "à ours" n'a rien à voir avec une autre, et la randonnée y prend une saveur unique, mélange de crainte et de l'espoir de l'apercevoir. Il n'est pas nécessaire de le voir pour qu'il soit présent. Il est dans nos têtes et tant qu'il restera des ours dans les Pyrénées, la magie du pays de l'ours opèrera. Combien de fois n'avons-nous pas osé éteindre les étoiles qui brillaient dans les yeux du randonneur convaincu d'avoir vu l'ours ?
L'ours et le berger, les meilleurs ennemis du monde...
Le parallèle est saisissant. L'évolution du nombre de bergers et d'ours des Pyrénées est liée. L'ours a failli disparaître ? Le berger aussi. Les "crédits ours" ont permis de créer près de 200 postes de bergers salariés dans les Pyrénées. La présence de l'ours, et la perspective de sa protection, a été et continue d'être l'argument pour financer les cabanes, les parcs, les héliportages, les téléphones... et toutes les améliorations des conditions de vie et de travail des bergers en montagne. Mais comment reconnaître que l'on doit d'exister à son ennemi ? Que cet ennemi est aujourd'hui un allié, sans pour autant être devenu un ami... Le berger salarié peste contre l'ours qui a réussi à lui voler une brebis, mais il sait en son for intérieur qu'il lui doit d'être encore là. L'admettra t-il ?
Le jour où le dernier ours disparaîtrait, les Pyrénées ne seraient plus. Il resterait des montagnes... plates. Ne comptez pas sur nous pour laisser faire ça !

Pyrénées Magazine de mars/avril 2010