Vice-Présidente et Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
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AVES FRANCE
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Le 1er février 2010 par Sylvie CARDONA
L’action de l’homme moderne sur la biodiversité se traduit par une destruction accélérée sans précédent des espèces vivantes qui la peuplent (animaux, plantes, micro-organismes) et de leurs milieux de vie. L’homme est dépendant de ce « capital naturel » (encore largement inconnu), il est embarqué dans la même aventure ; l’érosion de la diversité biologique met en péril son existence même.
Les services que la biodiversité rend à l’homme sont multiples et essentiels à sa vie et à son bien être, ils sont aussi gratuits : ressources alimentaires, matières premières (bois, coton, laine, osier, caoutchouc...), source actuelle et future de nombreuses substances pharmaceutiques, production d’oxygène, fertilité des sols (grâce à la diversité microbienne), régulation des eaux contre les inondations (rôle des systèmes bocagers),épuration contre les pollutions (les organismes aquatiques consomment et dégradent les déchets organiques , pollinisation des plantes... (la mort par milliers des abeilles domestiques donne la mesure de la dégradation des écosystèmes) …

La biodiversité a également une dimension sociale, culturelle et identitaire : diversité des paysages (en grande partie façonnés par l’homme), des savoir faire locaux (artisanat), espèces emblématiques sur tel ou tel territoire (chevaux et flamants roses en Camargue, bouquetin des Alpes, ours des Pyrénées, anguille en Brière, en Loire-Allier ( flore spécifique, mammifères:castor, avifaune : sternes..poissons : saumon...).Cette biodiversité constitue un capital inestimable pour nos territoires.
Sans oublier combien cette nature si diverse suscite de sentiments esthétiques, stimule notre curiosité et nourrit la spiritualité de beaucoup d’être humains.
La France s’est engagée à enrayer le déclin de la biodiversité à l’horizon 2010. Ce sujet a été un point essentiel du grenelle de l’environnement.
- acidification des sols (retombées de la pollution atmosphérique)
- pollution par les pesticides
- surexploitation des espèces (pêche, exploitation du bois...)
-monocultures industrielles ; OGM
-invasion par les espèces étrangères : renouée du japon
-homogénéisation des paysages
-réchauffement de la planète
-mais la cause directe la plus importante du déclin de la diversité des espèces est l’altération, la destruction et la fragmentation des habitats qui perturbent la circulation des espèces
-milieux aquatiques :eutrophisation (prolifération d’algues due à l’apport excessif d’azote et de phosphore ), modification des cours d’eau (recalibrages, seuils, création d’étangs, aménagements des berges, passes à poissons inefficaces, …), destruction des zones humides, des mares..
-milieux terrestres : destruction des prairies naturelles, du bocage, des haies, des forêts de feuillus (Morvan). Le Conseil Régional de Bourgogne a édité son plan en faveur de la biodiversité en 2006 (parmi les mesures proposées, on peut citer par exemple le réseau bocage ou les vergers conservatoires). En dépit de ces textes et de ces bonnes intentions, les atteintes au milieu naturel et aux espèces demeurent nombreuses : en 2008, les colonies d’abeilles ont diminué de plus de 40% en Bourgogne, le râle des genêts est menacé par l’A406 (qui impacte les plaines inondables de la Saône), arrachage de haies en Auxois, raréfaction du crapaud sonneur à ventre jaune…
Toutes les êtres vivants on besoin pour se maintenir et se développer de pouvoir échanger et donc circuler. Longtemps l’homme et les espèces sauvages ont partagé les mêmes axes de déplacement : grandes vallées, cours d’eau ..mais le développement des activités humaines (urbanisation, infrastructures, intensification de l’agriculture...) a modifié cet équilibre en limitant ou en empêchant toutes les possibilités de communication et d’échanges pour la faune et la flore sauvages. Sans ces échanges vitaux, les espèces sont menacées d’isolement voire de disparition faute d’un brassage génétique suffisant.

On comprend donc que pour maintenir la biodiversité il ne suffit pas de créer des ilôts de nature protégée en comptant que des échanges s’organiseront de façon naturelle entre ces aires protégées. Il est nécessaire de rétablir un réseau d’échange cohérent à l’échelle du territoire national pour que les espèces animales et végétales puissent communiquer, circuler, s’alimenter, se reproduire se réfugier en cas de danger (inondation, feu.. ;) en clair assurer leur survie.
Ce réseau écologique national c’est la trame verte et bleue mesure phare du grenelle de l’environnement qui porte l’ambition d’enrayer le déclin de la biodiversité
La trame verte est définie comme un outil d’aménagement du territoire constituée des ensembles naturels mentionnés aux livre III et IV du code de l’environnement (littoral, parcs et réserves naturels, sites naturels classés ( Natura 2000..) et des corridors écologiques qui permettent de les relier ( espaces naturels ou semi-naturels, formation végétales linéaires...)
La trame bleue qui la complète est formée de cours d’eau , de canaux, zones humides et des bandes végétalisées le long des cours d’eau les corridors rivulaires qui remplissent de nombreuses fonctions écologiques : couloir de circulation, habitat, refuge, zone tampon interceptant les polluants agricoles.
Le comité « trame verte et bleue chargé de ce projet piloté par le sénateur Paul Raoult (ancien Président des parcs naturels régionaux) a été mis en place en décembre 2007.
Il a souhaité vérifier la solidité des options retenues et recueillir de nouvelles propositions sur le contenu de deux projets de guides* à l’attention des décideurs, des régions et des services de l’Etat en organisant une consultation publique qui s’est terminée le 15 juillet 2009. Les résultats ne devraient pas tarder, nous ferons le point dès qu’ils seront connus
Cet article a été co-écrit avec Jacqueline Thévenot, Présidente de Loire Vivante Nièvre Allier Cher