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Projet Chaparri
Le 16 octobre 2005 par Christophe CORET
Chaparri est une réserve écologique pour la conservation de la faune d’Amérique du Sud (ours, condors, lamas...). Le projet Chaparri est né il y a 4 ans. Depuis ce temps, les acteurs du projet sont parvenus à surmonter les barrières idéologiques, les procédures bureaucratiques et la destruction des forêts sèches de Chaparri. Le résultat de cet effort commun a eu pour conséquence la création de la réserve écologique de Chaparri, premier secteur protégé de caractère privé au Pérou et premier domaine consacré à la conservation dans le monde dans les mains d’une communauté de fermiers. Néanmoins, l’aventure commence à peine, et il reste beaucoup à faire...
Dans la réserve de Chaparri, quatre espèces sont principalement surveillées et étudiées :
L’Ours à lunettes (Tremarctos ornatus) C’est sans doute l’espèce emblématique du projet Chaparri, autour de laquelle plusieurs stratégies de conservation ont été prévues, pour la protection des ours à lunettes et des autres espèces concernées, l’usage correct des bosquets et des pâturages, et la formation des populations locales dans la gestion des ressources naturelles pour leur propre bénéfice mais aussi pour le milieu naturel. L’ours à lunettes est un indicateur presque parfait de la santé d’un écosystème et sa présence autour des centres permet d’évaluer le degré de conflit entre les populations rurales et l’habitat. Des campagnes d’éducation à l’environnement sont organisées au niveau régional et les résultats sont déjà palpables, puisque depuis 1998, les ours ne sont plus persécutés à Chaparrí et ses environs.
Actuellement, la réserve écologique de Chaparri accueille 7 ours à lunettes qui proviennent de différents lieux et sont arrivés à Chaparri pour différentes raisons. Ils vivent dans un enclos électrifié de 5 hectares d’authentique forêt sèche. Certains sont réintroduits dans leur milieu naturel après une période de réadaptation, mais d’autres ne seront jamais capables de retourner dans leur milieu naturel et le maintien annuel de chaque ours dans la réserve coûte US$2,000. Ces ours jouent un rôle important dans l’éducation et la sensibilisation des communautés locales ; ils sont devenus la fierté des communautés de Santa Catalina. Ils sont également une source importante pour les études scientifiques sur cette espèce, puisqu’il n’existe aucun autre lieu dans le monde avec des caractéristiques similaires.
L’Aliblanca du Pava (Penelope albipennis) C’est une des 57 espèces d’oiseaux endémiques qui habitent les forêts sèches du Pérou, et qui est considérée en danger critique sur la liste rouge des espèces menacées. L’histoire de l’aliblanca du Pava commence quand en 1977, le conservateur Gustavo Del Solar et le Dr. John O’Neill redécouvrent cette espèces que l’on pensait éteinte depuis près de 100 ans. Gustavo Del Solar met alors en place un programme de reproduction de l’aliblanca du Pava en captivité. Après de nombreux efforts, il peut, en 2001, réintroduire l’espèce dans son habitat naturel dans la réserve de Chaparri, grâce à la collaboration entre l’association Cracidae et la communauté campagnarde Muchik Santa Catalina de Chongoyape. L’espèce tente de reconquérir la forêt salubre, lieu dans lequel l’espèce existait jadis mais avait complètement disparu. Le fait que l’espèce se reproduise en liberté est pour les étudiants une grande victoire sur l’extinction des espèces et il faut saluer la détermination des habitants de Santa Catalina, qui ont refait l’histoire ; néanmoins, il est nécessaire d’attendre quelques années pour considérer que l’aliblanca du Pava est totalement sauvée.
Les Camélidés Il existe au Pérou 4 espèces de camélidés, 2 domestiques (Lama et Alpaca) et 2 sauvages (Guanaco y Vicuña). L’élevage des espèces domestiques et le maniement adéquat des espèces sauvages sont sans doute quelques unes des alternatives de développement des communautés campagnardes. A Chaparri, un intérêt particulier est porté sur le Guanaco (Lama guanicoe), qui est la seule de ces espèces qui se trouve en danger d’extinction au Pérou. Il est estimé que cette espèce s’est éteinte dans la région il y a 200 ans et la communauté Sainte Catalina de Chongoyape est décidée à réaliser la réintroduction de cette espèce. Cette réintroduction pourrait signifier peut-être l’une des alternatives les plus concrètes de récupérer cette espèce au Pérou, puisque le peu d’efforts réalisés dans d’autres parties du territoire péruvien n’ont pas donné les résultats attendus. Grâce à une convention souscrite entre les copropriétaires de Sainte Catalina et la Commission Nationale de Camélidos Sudamericanos (CONACS), et avec l’appui de la Fondation Backus et le "Programa para el Desarrollo de las Naciones Unidas" (PNUD), une immense parcelle de 3000 hectares a été construite où le maniement des camélidés sera réalisé. A Chaparri, il y a déjà des lamas et des alpagas, bientôt les vicuñas arriveront et on étudie la possibilité d’apporter des guanacos. Le premier défi sera d’obtenir le développement des populations de camélidés et par la suite, le maniement pour le profit commercial de ses fibres fines.
Les Condors La forêt sèche équatoriale du nord du Pérou est le seul écosystème dans lequel le Condor des Andes (Vultur gryphus) est présent en même temps que le Vautour Pape (Sarcoramphus papa). Il y a quatre décennies, ces deux espèces étaient communes dans Chaparrí, parce qu’il y avait des grands troupeaux d’ânes sauvages qui permettaient à une population locale de condors de survivre. Malheureusement, ces troupeaux ont été exterminés pour commercialiser leur viande, et les condors ont également subi un forte pression humaine. Peu à peu, le nombre de condors a diminué, jusqu’à devenir très rares. Partie prenante de la stratégie pour attirer l’écotourisme dans la région, un programme simple de conservation de ces deux espèces - très appréciées par les observateurs d’oiseaux - a été mis en place. Il consiste principalement à améliorer l’approvisionnement en nourriture de manière artificielle. Il est prévu de transporter des cadavres de loups de mer de la côte à environ 80 kilomètres de distance de la réserve ; on récupère aussi es populations d’herbivores comme les cerfs communs à queue blanche, le pécari (petit cochon sauvage) et les camélidés.
Le projet Chaparri est vraiment un projet complet de conservation des espèces menacées en Amérique du Sud. Il est soutenu par de grandes institutions mais ce genre de projet coûte cher. AVES FRANCE, en plus de relayer l’action en France, souhaiterait pouvoir apporter un soutien financier de la part de la communauté française et européenne. Aussi, nous vous invitons à nous envoyer vos dons ou adhésions en précisant "Projet Chaparri" au dos de votre chèque. Quelque soit le montant de votre don, votre aide nous est précieuse. N’oubliez jamais que les petits ruisseaux font les grandes rivières !
Voir en ligne Projet Chaparri
Texte traduit de l’Espagnol depuis le site du projet Chaparri. AVES FRANCE s’engage à reverser à ce projet l’intégralité des dons portant la mention "Projet Chaparri". Merci pour votre solidarité.