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Le 9 août 2007 par Christophe CORET
Depuis la révélation ce matin de la mort de l’ourse Franska, les réactions vont bon train. Réaction d’AVES FRANCE...
Sur le site du ministère de l’écologie, un communiqué de presse a été publié :
"Jean-Louis BORLOO, ministre d’État, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, et Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, confirment la mort d’un ours intervenue ce jour vers 6 heures 30 du matin sur la route nationale 21, commune de VIGER dans le département des Hautes-Pyrénées, à la suite d’une collision accidentelle de l’animal avec une voiture.
Il s’agit de Franska, une ourse en provenance de Slovénie qui avait été relâchée en avril 2006.
L’accident n’a causé aucune victime humaine ni aucun blessé.
La dépouille de l’animal a immédiatement été prise en charge par les services de l’État et a été transportée à l’Ecole vétérinaire de Toulouse afin d’y être autopsiée.
Une enquête est conduite afin de déterminer les circonstances précises de l’accident."
La presse, qui avait déjà été attirée par l’odeur du sang de brebis ces derniers mois, trouve enfin un épilogue à son feuilleton de l’été. Franska la prédatrice est morte. Vive Franska !
Les réactions sur les forums reflètent bien la division de la population sur les réintroductions d’ours dans les Pyrénées. Nombreux sont les français qui n’ont pas compris que le renforcement des populations d’ours et la sauvegarde de cette espèce n’est pas seulement un caprice d’écolo rural. Maintenir les grands prédateurs sur notre territoire est avant tout un moyen de protéger l’environnement dans lequel nous vivons.
Imaginez quelques instants les Pyrénées lorsque l’homme aura réussi, dans quelques années, à détruire toutes les espèces sauvages qui y vivent... Nous avons déjà un joli tunnel du Somport, qui a créé la polémique dans les années 90. Qu’est-ce qui empêchera la création d’une autoroute pour remplacer la N134 ? Qu’est-ce qui empêchera les investisseurs de transformer les Pyrénées en horribles parcs à touristes, comme sont les Arcs dans les Alpes ?
Les réactions des représentants des éleveurs sont sans doute les pires.
Bernard Moules, Secrétaire général de la FDSEA de Midi-Pyrénées, a déclaré : "Si on nous avait écoutés, Franska vivrait des jours heureux et paisibles en Slovénie" pendant que Jean-Louis Cazaubon, Président de la chambre régionale d’agriculture de Midi-Pyrénées, ironisait en affirmant que "franchement, Franska a été victime de son comportement atypique", et que "Franska n’avait pas d’avenir sur notre massif." Pour lui, "Quoi qu’en pensent le ministère de l’Écologie et les experts internationaux, ce n’est pas la peine d’être grand devin pour deviner que la biotope pyrénéen n’est plus adapté à de tels animaux"...
Alors que certains affirment être soulagés par la mort de Franska (bien qu’ils ne lui voulaient aucun mal et ne demandaient que son retrait) et disent que les Pyrénées vont enfin retrouver le calme et les éleveurs dormir sur leurs deux oreilles, d’autres sont plus directs dans leurs attaques.
« C’est une immense satisfaction, un grand soulagement pour les éleveurs du département », a témoigné Marie-Lise Broueilh, présidente de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen des Hautes-Pyrénées (ASPP-65). « On a subi un préjudice énorme avec Franska, qui était une ourse dévoreuse de moutons, qui tuait pour tuer et traumatisait les bêtes restantes. L’affaire est classée, c’est l’apaisement », a ajouté cette opposante au plantigrade. Les autorités doivent « tirer les leçons de l’échec du plan de réintroduction de l’ours. Si elles décident de réintroduire des ours, nous mettrons le feu à la montagne », a-t-elle poursuivi.
De notre côté, nous nous permettrons de rappeler qu’AVES FRANCE :
a publié sur son site plusieurs exemples de clôtures de protection, testées par un spécialiste du sujet et disponible pour aider les éleveurs à protéger leurs troupeaux
a demandé depuis 2006 la création de zones de protection intégrales sur le territoire des ours
a porté plainte à plusieurs reprises contre les exactions commises par les anti-ours, et encore cette semaine pour dérangement intentionnel d’espèce protégée suite aux battues organisées dans les Hautes-Pyrénées et en Haute-Garonne
Comme pour Palouma, la mort de Franska a eu lieu "accidentellement" après des battues illégales. Coïncidence ?
Alors, faut-il remplacer les deux ourses qui ont été "victimes d’accidents" ?
Oui, à la seule condition que l’Etat garantisse la protection de ces animaux. La justice (qui est paraît-il la même pour tout le monde) DOIT condamner ces actes. Nous connaissons les organisateurs de ces battues illégales puisqu’ils n’hésitent pas à vanter leurs actions dans la presse. Qu’attend la justice pour les rappeler à l’ordre ? Pourquoi trouve-t-on des bergers pour manifester, mais pas pour garder les troupeaux ?
Rappelons au passage à ceux qui auraient pu l’oublier que ce qui coûte le plus cher dans le plan ours n’est autre que la sauvegarde du pastoralisme... Alors nous nous permettons de reprendre les paroles de la buvette des alpages :
"Désabonnez-vous à la Dépêche ! Ne mangez plus d’agneaux ou de fromages d’éleveurs qui refusent la cohabitation. Ils sont cons, soyons dûrs ! Les ourses Cannelle, Palouma et Franska doivent être remplacées !"
Enfin, à tous ceux qui pensent qu’il y a des problèmes plus grave sur cette Terre, qu’ils n’oublient pas que l’homme n’est pas le centre du monde et qu’il évolue sur une planète... et qu’à force de perturber les équilibres, il y a de fortes chances pour qu’il se conduise lui même à sa perte.