Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
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Présentation de l’association ANIMALS ASIA
Le 1er septembre 2005 par Sylvie CARDONA
Chez AVES FRANCE, les ours sauvages sont notre priorité, mais n’oublions pas pour autant les ours captifs, ceux qui végètent et dépérissent dans les zoos et les cirques, et les fermes à ours.
Aujourd’hui, nous voulons rendre hommage à l’association ANIMALS ASIA et à sa fondatrice, Jill Robinson, que j’ai eu la chance de rencontrer lors des "Premiers Rendez-vous de la protection animale et de la nature" qui se sont déroulés à Vézelay du 19 au 21 août 2005.
Jill Robinson, qui s’est investie depuis de longues années déjà dans la protection animale, a entendu parler des fermes à ours, pour la première fois, en 1993.
La bile d’ours est utilisée en médecine traditionnelle chinoise depuis 3000 ans, mais c’est seulement à partir des années 1980 que les fermes à ours ont été pour ainsi dire institutionnalisées. A l’époque, ces fermes pouvaient même être visitées par le grand public !
Ce sont presque exclusivement des ours à collier qui sont utilisés dans ces fermes. Les animaux sont maintenus durant toute leur vie dans des cages dont les dimensions n’excèdent pas la taille de leurs corps. Ils sont donc dans l’impossibilité de bouger ou de se retourner. Leur bile peut-être extraite de plusieurs façons : soit on pratique une plaie ouverte sur l’abdomen, d’où la bile s’écoule goutte à goutte, soit on implante un cathéter de métal dans la vésicule biliaire, soit on y introduit un tube de latex maintenu par un corset de fer.
Pour ma part, j’ai rarement vu un traitement plus choquant et plus barbare sur un animal ! Ces ours sont ainsi exploités durant de longues années, ne connaissant qu’une vie de souffrances où la mort est l’unique délivrance. Ces fermes ressemblent à des prisons, lieux déshumanisés et bétonnés, longs couloirs sinistres où les cages sont entreposées de part et d’autre, où les malheureuses victimes de ces pratiques endurent quotidiennement mille et unes souffrances.
L’ours à collier est classé en annexe I de la CITES et il reste moins de 15.000 individus à l’état sauvage. Pourtant, le gouvernement chinois a recensé environ 7.000 fermes ! En juillet 2000, Animals Asia a passé un accord historique avec l’association pour la conservation de la faune sauvage en Chine et le département des forêts de la province de Sichuan afin de libérer 500 ours dans la province, et à terme, faire fermer ces établissements.
Le plus difficile et le plus épuisant, pour Jill, ce sont ces interminables négociations avec les autorités chinoises. Il faut avant tout convaincre de l’inutilité de ces fermes, et informer le grand public afin de faire chuter les ventes de produits à base de bile d’ours.
Les ours récupérés par la Fondation finissent leurs jours au sanctuaire. Lorsque les animaux arrivent à l’hôpital de la Fondation, ils sont dans un état lamentable. Terrifiés, blessés (il arrive souvent que le personnel des fermes arrachent les griffes et les dents des ours), mal nourris, il faut les opérer le plus rapidement possible afin de réparer les dégâts causés par les méthodes d’extraction de la bile. Les vétérinaires découvrent parfois que plusieurs méthodes ont été pratiquées sur le même animal ! Certaines opération durent jusqu’à 8 heures...
Les ours opérés sont ensuite placés en observation afin que les vétérinaires puissent détecter d’éventuelles complications ou infections. Pour certains ours cependant, la libération arrive trop tard... 15% des ours délivrés succombent à leurs blessures malgré les efforts de l’équipe vétérinaire.
Aujourd’hui, le santuaire abrite quelques 154 ours qui réapprennent à vivre plus ou moins normalement.
Les ours ne peuvent malheureusement pas être relâchés dans la nature. Traumatisés par ces traitements épouvantables, incapables de se débrouiller seuls, et pour la plupart, handicapés physiquement, ces ours nécessitent des soins, de l’attention et de l’affection de la part du personnel de l’association.
Outre la libération des ours, Animals Asia se concentre sur deux autres projets : les médecins chinois reconnaissent que la bile d’ours peut-être remplacée par un produit synthétique ou des plantes, deux produits alternatifs beaucoup moins onéreux et qui ne sont pas issus d’animaux. En avril 2005, on négociait le kilo de bile haute qualité autour de 1.100 dollars américains !
Il faut donc travailler avec les médecins pour promouvoir ces produits de substitution.
Animals Asia a également créé un village destiné à l’éducation du public ; le premier de ce type en Chine. Conférences, expositions, programmes d’éducation sont ainsi proposés.
Animals Asia a donc besoin d’aide. Des fonds sont nécessaires au fonctionnement du village, du sanctuaire. Il faut également payer les frais vétérinaires.
Vous pouvez envoyer vos dons à AVES FRANCE ; ils seront intégralement reversés à ANIMALS ASIA, sans frais intermédiaires (inscrivez "fermes à ours" au dos de votre chèque). Vous pouvez également visiter le site de la Fondation pour plus de renseignements : www.animalsasia.org
Ecrivez à Jill Robinson pour lui dire que vous encouragez la fermeture des fermes à ours, les courriers sont ensuite communiqués aux autorités chinoises. Ces courriers doivent être écrits avec beaucoup de tact pour ne pas "braquer" les autorités chinoises et mettre à mal le travail diplomatique de Jill Robinson. Ecrivez plutôt pour encourager la Chine à poursuivre la fermeture des fermes que pour condamner cette pratique.
Les ours ont encore une fois besoin de vous !
Voir en ligne Fondation ANIMALS ASIA