Pétition pour la restauration d’une population d’ours viable dans les Pyrénées

Pétition à signer ici : http://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/restauration-population-viable-pyrenees/11485

Je vais faire appel à votre mémoire. C’était en 2009, il y a déjà presque 5 ans, AVES France mettait à disposition ses archives pour étoffer l’ouvrage collectif Plainte contre le France pour défaut de protection de l’ours dans les Pyrénées., ouvrage extrêmement bien documenté ayant permis la rédaction d’une plainte adressée aux instances européennes. RAPPEL 2009 : PLAINTE CONTRE LA FRANCE / DOSSIER OURS DES PYRÉNÉES

Il aura fallu du temps, mais cette plainte a enfin permis la mise en demeure de l’état français.

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur l’état de conservation défavorable et du manque de protection de l’ours brun des Pyrénées en France en violation des dispositions de la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.

La commission insiste sur le nombre important de plaintes reçues depuis 2009 :

Les services de la Commission ont été alertés sur le mauvais état de conservation de l’ours brun des Pyrénées par le biais de huit plaintes reçues en 2009, 2010 et 2011 ainsi que d’une pétition du Parlement européen (n° 1542/2010). Des questions parlementaires écrites sont également régulièrement soumises à la Commission au sujet des mesures prises et envisagées par la France pour garantir un état de conservation favorable de l’ours brun dans les Pyrénées.

Elle met en l’avant l’état défavorable de la population et sa dégradation malgré les précédentes réintroductions. La fragmentation des populations est évidemment soulignée, mais également les problèmes liés à la chasse et à la perturbation intentionnelle que nous dénoncions dans nos plaintes. En effet, croyant faire accepter l’ours en se montrant flexible, la France a toujours refusé d’imposer des règles aux fédérations de chasse. On sait que cela a conduit à des accidents puisque des battues ont été organisées sur des territoires où des ours avaient été observés.

Par ailleurs, deux femelles réintroduites sont mortes (Palouma et Franska)… D’ailleurs, il est précisé dans le préambule de la Charte entre l’Etat et la fédération départementale des chasseurs, que « l’Etat s’est engagé depuis la première réintroduction conduite en 1996-1997 dans les Pyrénées centrales à ne pas imposer de mesure réglementaire concernant la chasse en présence d’ours dans le massif des Pyrénées ». Ainsi, l’Etat français semble s’être contraint, quoi qu’il advienne, à ne pouvoir mettre en œuvre de mesures autres que préventives et contractuelles pour assurer la protection de l’ours brun, espèce pourtant prioritaire au titre de la directive habitat. Or, comme observé en Ariège en 2009, il se produit que l’adoption de cette Charte par les acteurs locaux n’est pas encore effective dans tous les départements, en particulier en Ariège, ce qui rend incertain et fluctuant le niveau de protection de l’ours en France.

La commission dénonce la stratégie de concertation qui, au final, n’a jamais obtenu les résultats escomptés, puisque les représentants des professions agricoles continuent de refuser en bloc la présence de l’ours. Elle semble avoir entendu nos arguments qui consistaient à dire que la France faisait croire qu’elle protégeait l’ours sans mettre en place aucune mesure concrète et cet immobilisme est bien souligné dans la mise en demeure. D’ailleurs, le courrier revient sur ce fameux épisode de sécheresse qui avait été utilisé pour reporter d’éventuelles réintroductions sine die… Ou aux calendes grecques… Ou à tout jamais, je vous laisse choisir l’expression que vous pensez la plus appropriée.

Les autorités françaises indiquent que l’introduction d’ours bruns, y compris de femelles, est une option dans le respect toutefois d’un calendrier. Or, le 1er juin 2011, la ministre de l’Écologie, a renoncé à l’introduction dans le milieu naturel d’une ourse dans le département des Pyrénées-Atlantiques en raison des difficultés rencontrées par les éleveurs du fait de la sécheresse persistante dans ce département. Depuis lors, aucune introduction nouvelle n’est à l’ordre du jour, encore moins soumise à calendrier.

La commission rappelle que l’ours est une espèce prioritaire et qu’il n’est pas envisageable de laisser disparaître la moindre zone de présence. Une grande avancée !

L’ours est une espèce prioritaire protégée et listée à l’annexe IV de la directive habitats. En abandonnant l’une des trois zones historiques et naturelles de l’habitat naturel de l’ours, les autorités françaises privent l’Europe de la zone de présence de l’ours la plus occidentale des Pyrénées françaises. Si chaque Etat membre se permettait de renoncer ainsi à une zone d’habitat d’espèce, la conséquence inéluctable serait la faillite du réseau Natura 2000, « réseau écologique européen cohérent de zones spéciales de conservation », dont l’objectif est d’assurer la survie à long terme des espèces les plus précieuses et menacées d’Europe et leurs habitats, ainsi que de préserver la biodiversité. La France manque ainsi à son obligation de conservation de l’habitat de l’ours dans son aire de répartition naturelle tirée de l’article 3 de la directive habitat.

En nous appuyant sur cette mise en demeure 2012/4104 ainsi que sur le rapport du Muséum national d’histoire naturelle qui prône la restauration d’une population d’ours dans les Pyrénées comprise entre 110 et 250 individus, AVES France demande au gouvernement d’agir enfin et de prendre des décisions courageuses afin d’offrir un avenir à l’ours dans notre pays.

En 1981, Francois Mitterrand lançait le premier plan ours. En 1990, Brice Lalonde mettait en place des réserves pour protéger l’espèce qui ont été abrogées en 1993 par Michel Barnier. Puis il y a eu de timides réintroductions. Il est temps d’avoir le courage politique de répondre à nos obligations communautaires, mais également morales auprès des générations à venir. L’ours a toute sa place dans les Pyrénées. Reste à l’Etat de le décider et de l’assumer. Sa survie en dépend.

Pétition à signer ici : http://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/restauration-population-viable-pyrenees/11485

© Photo : Peter Wey – Fotolia.com

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4 Comments

  1. Voulez-vous offrir de nouvelles cibles aux « excités de la gâchette ». Il faut se faire une raison !! Laissez ces animaux dans leurs pays. Ils ont à coup sûr plus de chance de survivre, le stress en moins.

    • Alors d’abord, les animaux réintroduits sont prélevés sur les quotas de chasse des pays dans lesquels ils sont choisis. Ensuite, on ne peut pas décider de laisser disparaître un animal sous le prétexte que si on le réintroduit, il sera tué. AVES France s’est opposé aux réintroductions sans mesures de protection de l’espèce. La différence aujourd’hui, c’est qu’avec cette mise en demeure, l’Europe a pris conscience des manquements de la France. Elle souligne dans son rapport les accidents de chasse et la légèreté des mesures de protection, la tentative de conciliation qui a failli. La France devra donc réintroduire en mettant en place de réelles mesures de protection OU s’expliquer devant l’Europe et s’exposer à de lourdes sanctions. Les éleveurs qui vivent depuis des années sur les crédits des plans ours successifs auront énormément à perdre !

    • de plus le plus grand prédateur c’est l’humain!!!!! ils ne veulent pas d’animaux carnivore voilà c’est tout!!! ils doivent être les seuls sur terre!
      mon dieu comme la jante humaine deviens de plus en plus nuls………………

  2. Sur le GR 10, une année il m’est arrivé de voir des chiens non accompagnés, ou éloignés des touristes, pourtant sur un journal pyrénéen, il n’est pas recommandé d’emmener des chiens. Eux aussi son néfastes à la préservation de la faune, comment faire comprendre que protection des troupeaux ou des ursidés c’est valable dans les deux sens. Le nuisible c’est l’inattention et l’ignorance. A la sortie d’un village conduisant vers le Canigou, il est une pancarte rassurante : »Le mouton n’est pas une proie,  » SURVEILLEZ VOTRE CHIEN « .

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